Trapp, l’ombre d’un doute…

Posté le 12.09.2015 à 15h01

Auteur d’un début de saison tranquille, le nouveau portier allemand du Paris SG Kevin Trapp a vécu une soirée cauchemar vendredi face à Bordeaux avec deux erreurs grossières, au point de relancer le débat sur le poste de gardien, quatre jours avant le coup d’envoi de la Ligue des champions.

Quatre matches de championnat de France, aucun but encaissé: bombardé gardien N.1 du Paris SG après avoir été transféré de Francfort moyennant une dizaine de millions d’euros, Kevin Trapp avait jusque là connu un début de championnat idyllique.
Mais l’état de grâce a brutalement pris fin contre Bordeaux (2-2). Le jeune Allemand (25 ans) a d’abord détourné dans son propre but une tête d’Henri Saivet, avant de concéder l’égalisation bordelaise en se faisant chiper le ballon dans les pieds par Wahbi Kazhri.
« C’est une soirée compliquée d’un point de vue personnel, je ne sais pas quoi dire, a-t-il réagi après le match. Ça ne doit pas arriver. Ça peut arriver, mais c’est mieux si ça n’arrive pas. »
Le gardien allemand a vite allumé les contrefeux. Car s’il a pu enregistrer le soutien de l’ensemble des joueurs qui se sont exprimés, il sait sans doute que le dossier des gardiens est sensible au Paris SG.
Gardien N.1 depuis quatre saisons et cadre du vestiaire depuis la prise de pouvoir du Qatar au PSG, l’Italien Salvatore Sirigu s’est en effet brutalement retrouvé sur le banc après la signature de Trapp, réputé meilleur au pied. Et s’il a été évoqué des intérêts de clubs pour s’attacher la doublure de Gianluigi Buffon en sélection, Sirigu est finalement resté à Paris, à un an de l’Euro 2016.
Quant à Nicolas Douchez, qui disputait les matchs de Coupes la saison dernière, il est repoussé au troisième rang de la hiérarchie des gardiens, un statut qu’il goûte peu. Lui non plus n’a toutefois pas voulu quitter le PSG lors du mercato d’été.

Prendre énormément de risques…

Les boulettes de Trapp sont-elles susceptibles de rebattre les cartes?
L’entraîneur Laurent Blanc a refusé de dire, en conférence de presse, si l’Allemand serait titularisé lors de la première journée de Ligue des champions, mardi à Paris au Parc des Princes contre Malmö. Mais il a largement conforté son gardien.
« Kevin, je lui demande de prendre énormément de risques, a expliqué Blanc après le match. Vouloir relancer (au pied, NDLR) c’est dans l’esprit du jeu. Quand ça ne passe pas, ça fait but et c’est très critiquable, mais il ne va pas transformer sa façon de jouer et je ne vais pas lui demander de changer. »
Pour l’entraîneur, la venue de Trapp doit permettre de renforcer encore un peu plus le jeu de possession du PSG, l’Allemand étant censé exceller au pied et n’hésitant pas à évoluer dans une position avancée, à l’image de son illustre compatriote Manuel Neuer. Un domaine dans lequel Sirigu, jugé par ailleurs peu décisif en Ligue des champions, a toujours montré quelques failles.
Or les deux erreurs de vendredi remettent en question les réelles qualités d’un joueur inexpérimenté au niveau européen, jamais appelé en sélection allemande et évoluant pour la première fois dans un club qui a fait de la Ligue des champions son objectif ultime.
Trapp devra donc rendre une copie irréprochable contre Malmö -s’il joue- pour éviter de voir monter la pression médiatique et relancer Sirigu. « J’ai l’occasion mardi de faire mieux », a-t-il plaidé timidement quatre jours avant le coup d’envoi de la C1. Sans plus de droit à l’erreur.

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