Un sourire…

Posté le 09.02.2019 à 11h26

S’il est vrai que « le sourire est la langue universelle de la bonté », alors c’est cette image d’un Emiliano Sala rayonnant que nous garderons de lui. Celle que nous avons accrochée aux pâles lueurs de cette première nuit tragique, celle qui a porté nos espoirs parce que nos cœurs battaient plus fort que les tambours de la raison, celle que le temps n’effacera pas.

Jamais.

Emiliano Sala voulait être un homme heureux. Et il l’était, envers et contre tout, mais avec tous. Les hommages – et que d’hommages ! – ne parlent que d’un être bon. Simple et bon, parcourant une vie faite d’amour et d’amitiés. De sincérité et d’engagements aussi.

Emi n’a jamais rien cherché d’autre qu’à être lui-même, rejetant les artifices d’une vie qu’il a préféré ancrer sur les valeurs transmises par une famille aimante, et qu’il s’attachait à partager avec ses amis, ses coéquipiers, les supporters et tous ceux qui, de son Argentine natale à Nantes, ont été transpercés par son regard, profond, puissant, mais surtout lumineux. Et avec un brin de naïveté aussi peut-être pour ne pas oublier l’enfant qu’il avait été, pour éclairer le chemin parcouru, qui a mené le gamin de Cululu, footballeur dès l’âge de quatre ans, à vivre son rêve dans ce pays de France, qu’il a découvert au sortir de l’adolescence et qu’il a adopté. A moins que ce ne soit l’inverse.

Et pourtant, de Bordeaux à Nantes, qu’il fut long et difficile le chemin vers le reconnaissance. Mais personne n’a jamais entendu Emi se plaindre, peut-être parce qu’il savait que son jour viendrait et qu’il lui fallait simplement travailler, et travailler encore, à Orléans comme à Niort, comme à Caen, où il a patiemment fait ses classes, pris de l’envergure, laissant tellement de bons souvenirs et un seul regret : celui de le voir partir. Le bonheur, oui, se cache parfois dans les prêts…

C’est Nantes, où survit encore une certaine idée d’un football différent, spectaculaire et jouissif, qui accueille en 2015 le jeune homme de 25 ans, désormais mâture et plus que jamais décidé à propulser ses 187 cm en haut de l’affiche, sans toutefois tirer la couverture à lui, même à enfiler les buts comme d’autres les perles.

Enfin reconnu pour ce qu’il est, le buteur goûte alors aux joies d’une réussite continue, après avoir savouré les bienfaits d’une stabilité qui lui était inconnue, sans pour autant s’endormir sur des lauriers trop fraîchement coupés, alors qu’il impressionne nombre d’adversaires et gagne le cœur des supporters.

Le même Emiliano Sala, proches de ses coéquipiers, ouvert aux autres, discret et passionné.

A l’UNFP, nous sommes beaucoup à l’avoir connu. Emi s’intéressait à son métier de footballeur, avec un engagement sincère et désintéressé. Toujours prêt à dialoguer, toujours prêt pour aider les autres. La mobilisation des footballeurs, spontanée ou en réponse à l’appel de la famille, qu’elle se soit traduite par des messages ou par des dons, a rendu un magnifique hommage à l’homme, attachant, généreux, honnête et droit. Et de la même façon, ce n’est pas seulement en pensant au joueur que les supporters et le monde du football, chacun à sa manière et à la hauteur de ses possibilités, ont voulu entretenir l’espoir et soutenir ses proches. Cette solidarité, qui nous est coutumière dans notre sport, c’était aussi l’une des valeurs que portait Emiliano. Et personne ne s’y est trompé !

Comme personne n’oubliera ce sourire, qui disait simplement qu’Emiliano Sala était un homme heureux, parce qu’il avait décidé de l’être.

Vaya con Dios, Emi !

 

 

 

 

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