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ESM : Bernard Gardon à la question...

Publié le 06 septembre 2012 à 08h10

«Les commissions d'agent doivent être le moins élevées possible!»

« Bernard, on fêtera, l'an prochain, les dix ans d'Europ Sports Management, le dernier né des services de l'UNFP… Dix ans déjà ou dix ans seulement ?

Dix ans seulement, sans hésiter ! A la différence des autres services de l'UNFP, dont l'activité était novatrice dans le monde du football ou du syndicalisme sportif (l'assurance prenant en compte le risque sportif, la reconversion et le placement financier), ESM, puisque notre métier existe depuis bien longtemps, n'a rien inventé, si ce n'est une autre façon de percevoir la profession d'agent. Peu s'en souviennent, mais c'est face à la demande insistante des instances du football que l'UNFP a décidé la création d'un service de management : il fallait montrer que l'on pouvait faire ce métier sans tomber dans les travers qui, trop souvent, nuisent aujourd'hui encore à l'image des agents…

 

Pierre Canton, le premier à avoir rejoint Bernard Gardon dans l'aventure...

 

Respecter la loi et les règlements…

Ce n'est pas plus compliqué que cela... sur le papier. Mais si l'incompréhension a parfois accompagné nos premiers pas, nous avons su imposer les règles du jeu sans nous soucier des autres ou des us et coutumes. Aujourd'hui, nous continuons sur la voie tracée, en travaillant avec une trentaine de joueurs. Et nous avons un bel avenir…

 

Pourquoi êtes-vous si confiant, alors que l'on dit le marché difficile, fermé, et que l'on ne voit pas la fin de la crise économique, qui n'épargne pas le football ?

Parce que je reste un combattant, comme je l'étais sur le terrain, il y a… quelques années de cela. Parce nous sommes des syndicalistes, et que nous nous battons, au quotidien, pour faire évoluer le football, pour protéger, guider, défendre et promouvoir les footballeurs. Parce qu'à ESM, nous avons toujours travaillé en pensant nous inscrire dans la durée, en creusant les fondations d'un service solide, professionnel, et totalement acquis aux joueurs. Ceux que nous avons sous contrat, évidemment, mais les autres également, puisque cela fait partie de notre mission, telle qu'elle est définie par l'UNFP. Il en va de même pour tous les services du syndicat. Ce travail, depuis 2003, porte logiquement ses fruits, et le renforcement de notre équipe, avec l'arrivée d'un quatrième agent – un futur agent à l'heure actuelle… - en la personne de José Pierre-Fanfan, témoigne de notre volonté d'aller toujours de l'avant.

 

José Pierre-Fanfan, le quatrième mousquetaire...

 

 

En près de dix ans, le paysage a changé...

La société a changé, et le sport, qui n'en est qu'une excroissance, a lui aussi forcément évolué. Au cœur de la décennie précédente, rien ne semblait pouvoir arrêter l'économie du football. Aujourd'hui, si un certain nombre de clubs, en Europe, a trouvé une nouvelle source de financement, on oublie trop souvent de rappeler que la majorité des autres sont en difficulté… Ce qui, c'est une évidence, rejaillit sur le joueur. C'en est fini de l'époque où les carrières se déroulaient comme de longs fleuves tranquilles! Dès la fin du premier contrat professionnel, désormais, il faut souvent se battre, savoir se remettre en question, et passer par des périodes de doute. Le rôle de l'agent, par la force des choses, a évolué.

 

Raphaël Roncen (ESM) en grande discussion avec Samuel Allegro (Red Star)

 

Et les messages difficiles à faire passer ?

Tout dépend de la relation créée avec le joueur. Ces dernières années, il faut insister – mais le football n'a rien inventé – sur la flexibilité. Il faut savoir partir pour relancer sa carrière, accepter des contrats plus courts, des salaires moins élevés… Le but est que le joueur joue. S'il n'est pas sur le terrain, s'il ne se montre pas ici ou ailleurs, même dans des championnats moins cotés, il compromet la suite de sa carrière. L'exemple donné par quelques grands clubs européens aux effectifs pléthoriques n'est pas le bon. Ce n'est pas la norme. Et il ne faut pas oublier que les joueurs qui restent sur le banc ou dans les tribunes, parfois, sont tous des sportifs d'exception, internationaux pour la plupart. Le risque qu'ils prennent est mesuré, mais il ne l'est pas pour le commun des footballeurs. Pour ceux-là, leur place est sur le terrain !

 

Lorsqu'on se penche sur les critiques faites aux agents, leur rémunération est souvent mise en accusation…

Je n'aime pas parler des autres… Nous, nous avons toujours travaillé à hauteur de cinq pour cent de commission, c'est-à-dire que nous nous basions sur ce qui avait été mis en place par la Fifa. Aujourd'hui, les règlements internationaux nous obligent à ne pas percevoir de commission supérieure à trois pour cent. C'est ce que nous appliquons. Il est important, de toutes les façons, que les commissions soient les moins élevées possible…

 

C'est le syndicaliste qui parle ou l'agent ?

Les deux. La rémunération des agents doit être en accord avec le marché, et avec ses réalités économiques. Par ailleurs, comme l'UNFP l'a toujours soutenu, je considère que les joueurs ont tout intérêt à payer eux mêmes leurs agents. Travailler pour un joueur, un salarié, et être payé par son club, son employeur, cela n'est ni logique, ni sain. Les footballeurs commencent à l'intégrer, mais il y a encore du travail…

 

Et donc, nous y revenons, un bel avenir pour ESM…

Je ne vous le fais pas dire ! »

 

 

 

 

Recueilli par Stéphane Saint-Raymond