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Les Français jugent les footballeurs performants, sympathiques, mais frimeurs avant tout ! Les résultats du sondage spécialement réalisé pour Profession footballeur prouvent, une fois encore, que l'image du footballeur professionnel est aujourd'hui brouillée par le phénomène de starisation, qui s'est amplifié en France depuis 1998 et la Coupe du monde. Loin de combattre cette médiatisation que notre football a si longtemps appelée de ses vœux, il faut, au contraire, s'en servir pour montrer les différentes facettes du métier de footballeur et faire évoluer, dans la société, l'image d'une profession qu'un Français sur cinq aurait rêvé d'embrasser...
Près de trois Français interrogés sur dix déclarent s'intéresser au football. En ajoutant les personnes qui peuvent occasionnellement s'intéresser à ce sport, on s'aperçoit que seuls 36 % de Français se montrent réfractaires au jeu de football. Ce sont, bien sûr, les hommes qui s'intéressent le plus au football (39 %), même si 2 femmes sur 5 déclarent aujourd'hui suivre ce sport ; un niveau relativement élevé que l'on peut expliquer tant par les résultats de la génération « France 98 » que par une plus grande exposition médiatique des principaux joueurs français.
Le football confirme ici son image de sport universel puisque les niveaux d'intérêt ne varient que faiblement selon la catégorie socioprofessionnelle des personnes interrogées ou selon leur région d'habitation. Ce sont les compétitions internationales qui sont les plus suivies par les Français qui s'intéressent au football : 69 % d'entre eux déclarent regarder les matches des Bleus et la moitié suit la Ligue des Champions. Le moindre intérêt suscité par la Ligue 1 pourrait s'expliquer par son caractère moins événementiel et son mode de diffusion (sur une chaîne cryptée). Toutefois, la part de la population qui fréquente les stades se révèle élevée, même s'il est à noter que ce public est encore essentiellement masculin.
Une large majorité des personnes interrogées (73 %) s'accorde à dire que l'importance donnée au football dans notre société a augmenté depuis quelques années. Cette augmentation peut paraître exagérée dans la population, surtout auprès des personnes les plus âgées (87 %). D'ailleurs, on souhaite majoritairement qu'elle ne continue pas dans de telles proportions.
C'est la couverture médiatique grandissante du football et de ses acteurs qui peut susciter ce phénomène de saturation à moyen et à long terme. Voilà qui ne manquera pas d'être, demain, un sujet majeur de préoccupation pour les responsables nationaux du football.
Une image toujours contrastée...
Dans ce contexte, ce sont aujourd'hui le sens du collectif, le besoin de performance et le brassage culturel qui apparaissent comme les principales valeurs positives véhiculées par le football. Avec 67 % de citations, l'espritcollectif est placé largement en tête par les amateurs de football devant le brassage culturel (53 %), autre pilier fondamental du sport-roi. Toutefois, si le football aide à l'intégration des jeunes pour les deux tiers des personnes interrogées (67 %) et 76 % des amateurs de foot, et s'il permet de lutter contre les diverses formes de discriminations (66 % des personnes intéressées par le football adhèrent à cette idée), son image est néanmoins quelque peu ternie.
Ainsi, la violence inquiète. Les événements enregistrés cette saison, en France comme en Italie, ont marqué les Français, qui sont 76 % à juger que le football est générateur de tensions, un sentiment partagé par 70 % des amateurs de football interrogés. Rétablir davantage de sérénité et un véritable sentiment de sécurité dans les stades semblent donc essentiels pour redorer l'image du football, toujours considéré comme populaire par 45 % des Français, mais qui pâtit, toutefois, des évolutions récentes du sport professionnel dans son ensemble : près des deux tiers (65 %) des personnes interrogées estiment ainsi que le football est envahi par la publicité et il est perçu comme un sport cher par 48 %. Soulignons ici que 65 % des ouvriers partagent ce point de vue, ce qui est d'autant plus dommageable que les catégories populaires demeurent la base sociologique de ce sport (15 % de ces mêmes ouvriers se passionnent pour le football, soit deux fois plus que dans l'ensemble de la population).
Notons aussi que les soupçons de corruption existent et sont latents, même si on les relève surtout chez les personnes qui ne suivent pas le football de près (1). Que révèle, dans ce contexte, l'étude en ce qui concerne les joueurs professionnels ? Auprès du grand public, leur image apparaît dégradée par la surmédiatisation : 80 % des personnes interrogées jugent leur présence médiatique exagérée.
Ce sentiment est également partagé par les amateurs de foot (67 %). Cette starification de l'élite semble créer un fossé entre l'ensemble de la profession et le grand public, qui attribue aux footballeurs un côté « frime » à 78 %. Près des deux tiers des Français interrogés (63 %) tendent à faire des joueurs professionnels des stars, au même titre que les chanteurs et les acteurs (un statut qui leur est même attribué par 79 % des personnes se déclarant intéressées par le football).
Les jugeant peu accessibles (17 % estiment que ce qualificatif correspond bien aux footballeurs professionnels), le grand public émet quelques doutes sur leur nécessaire implication dans la vie politique ou associative. Seules 42 % des personnes interrogées jugent ces actions nécessaires (contre 56 % qui n'en font pas une priorité) et celles-ci ne semblent pas sensibilisées outre mesure par l'image de générosité que souhaitent véhiculer les footballeurs : 26 % des Français trouvent les joueurs généreux, niveau qui se révèle légèrement supérieur chez les femmes (31 %) et qui atteint tout de même 38 % parmi les amateurs de football.
Enfin, sans grande surprise, les Français s'accordent à penser que les footballeurs, malgré leur talent et leurs capacités indéniables, sont trop payés. Ce sentiment est exprimé principalement par les femmes qui ne trouvent pas normal – à une large majorité - que les joueurs gagnent de telles sommes d'argent (84 %). Même les amateurs de football semblent parfois interloqués par les montants évoqués dans les médias (68 %).
67 % des Français pensent que le football contribue à l'intégration sociale des jeunes.
Les idées reçues semblent donc solidement ancrées dans l'esprit des Français, en raison sans doute d'un manque d'information sur les carrières des joueurs professionnels et d'un amalgame entre le très haut niveau, starifié, et la grande majorité des professionnels du football. Selon les personnes interrogées, une carrière de footballeur pro dure en moyenne 12,3 ans (40 % des interviewés placent même sa durée au-delà de 15 ans), une réponse semblable (13 ans) étant donnée par les amateurs de foot.
Cet écart conséquent avec les données objectives (6 ans à peine !) est un exemple du déficit d'information des Français sur la situation de l'ensemble du corps des footballeurs professionnels. Combler ce déficit est le seul moyen d'améliorer l'image de joueurs qui suscitent, tout de même, respect, admiration, voire envie, puisque près d'un homme sur cinq (17 %) aurait aimé, rêvé, embrasser la carrière de footballeur.
Quels joueurs bénéficient le plus de cette admiration ? Parmi les joueurs en activité, c'est Thierry Henry qui arrive en tête du palmarès des joueurs préférés avec 15 % de réponses spontanées sur son nom, devant Lilian Thuram (8 %) et Franck Ribéry (6 %). Suivent ensuite Samir Nasri (4 %), Grégory Coupet (3 %), David Trezeguet et Djibril Cissé (2 % chacun). Ce classement est exactement le même auprès des amateurs de foot, preuve que la jeune génération incarnée par Ribéry et Nasri, notamment, rejoint les joueurs plus chevronnés de l'Equipe de France, puisque seuls des internationaux, à plus forte notoriété, les devancent dans ce classement. Soulignons également que Thierry Henry est le joueur préféré quels que soient le sexe, la génération ou la catégorie sociale de la personne interrogée, preuve de la reconnaissance dont il bénéficie aujourd'hui. Samir Nasri, le joueur de l'OM, obtient d'ailleurs d'excellents scores au palmarès des jeunes joueurs (36 % et jusqu'à 55 % auprès des amateurs), lui aussi, sur toutes les catégories de population. Il devance largement le Monégasque Jérémy Ménez (10 %), particulièrement apprécié des catégories populaires (13 %), ou le joueur du Milan AC Yoann Gourcuff (6 %).
Concernant le palmarès des clubs français préférés, ce sont sans surprise l'Olympique de Marseille et l'Olympique Lyonnais qui arrivent en tête du classement (respectivement 13 % et 12 %), l'un bénéficiant de sa forte et historique notoriété, l'autre de son palmarès récent et d'une cote d'amour grandissante.
Le Paris Saint-Germain complète le podium (8 % des Français en font leur club préféré), et arrive, cela n'étonnera personne, largement en tête auprès des Franciliens (27 %). Le FC Nantes Atlantique, malgré ses déboires sportifs récents, s'appuie sur son histoire pour se classer en troisième position des clubs préférés des amateurs de foot. Les grands clubs, comme les grandes équipes, ne meurent jamais…