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Le fond de l'air est... rouge !
Que reste-t-il de cet Euro 2008, qui s'est offert à l'Espagne, aux joueurs, plutôt qu'aux calculateurs ? Sous le ciel parfois si noir de la Suisse et de l'Autriche – ce ne sont pas les Français qui diront le contraire ! – la vague rouge, comme une déferlante, a porté les espoirs de tous ceux qui estiment que l'on peut sauver l'esprit du jeu. Faut-il y voir pour autant les raisons d'un changement durable, alors qu'un vent nouveau venu de l'Est – Russie, Turquie, Croatie – a bouleversé l'ordre établi ? Il faut l'espérer, et croire que cet Eurolà, rédempteur, donne au jeu de football une énergie capable de pourfendre les attitudes figées. Croire que ce vent, vagabond, soit porteur d'une bouffée de liberté...
Vous avez dit « surprise » ?
Vainqueur de la Coupe de l'UEFA avec Saint-Pétersbourg quelques semaines auparavant, Andrey Arshavin était toujours à son zénith lors de l'Euro, et a affolé, tout l'été, les indices à la bourse des transferts. Peut-on, pour autant, parler de découverte pour un joueur de 27 ans, international depuis 2002, même s'il semble lui-même s'étonner de ce qui lui arrive ? Certes non, tout comme il est difficile de parler de surprise en évoquant le parcours des Turcs et des Croates, le titre de meilleur buteur de l'Espagnol David Villa, ou le fait que certaines nations, comme la Suède, n'aient été remarquées qu'à travers l'extravagance de leurs supporters…
Les Bleus
Trois petits matches et puis s'en vont...
Échec, fiasco, déception, génération, enfer et damnation...Tout a été dit, écrit sur l'Euro de l'équipe de France. Il reste trois matches joués et quelques images fortes. Trois petits matches, les derniers en bleu de Lilian Thuram et de Claude Makelele. Mais pas les derniers de Raymond Domenech, sélectionneur controversé, finaliste de la dernière Coupe du monde et sous contrat jusqu'en 2010.
Euro 2008
L'Espagne ressort sa corne…
IL Y A QUELQUE CHOSE DE VIVIFIANT, de rassurant, d'encourageant dans le succès, amplement mérité, de l'Espagne en finale de l'Euro 2008. On peut gagner des matches, voire de grandes compétitions en pratiquant un football enjoué, résolument tourné vers l'avant, vers le but adverse.
C'est un beau pied de nez à tous les calculateurs, à tous ceux qui n'en finissent pas de sacrifier l'esprit du jeu sur l'autel du froid réalisme. C'est – du moins faut-il l'espérer – le début d'une nouvelle ère, le retour au football spectacle, au football champagne…
Les meilleurs ont gagné. La morale de cet Euro 2008 fait plaisir à écrire. Habituée à rentrer sa corne depuis quarante-quatre ans (du Championnat d'Europe des Nations en 1964 à celui-ci, qu'elle a dominé de la tête et parfois même des épaules à l'image de Fernando Torres face à Lahm en finale…), cette Espagne, jeune et si talentueuse, a chassé ses vieux démons et oublié la rivalité ancestrale entre le Real et le Barça, qui nuisait à son épanouissement et qui était entretenue par quelques anciens, cette fois laissés à la maison.
« J'ai pris une sélection, je quitte une équipe ! » Luis Aragones, le vieux sélectionneur ibérique qui a rendu son tablier au soir de la finale, a bien raison.
Par ailleurs, si la Russie a confirmé son retour au plus haut niveau, si les Croates et autres Turcs sont venus jouer les trouble-fête, cet Euro a, pour les grandes nations du football européen ou supposées comme telles, à commencer par la France, confirmé l'obligatoire évolution de stratégie pour passer d'un jeu étriqué à un football offensif et spectaculaire, comme sera obligatoire pour beaucoup le changement des hommes.
Encore faut-il vouloir faire avancer les choses et s'en donner les moyens. L'exemple de l'Espagne est là pour rappeler que l'on n'a rien sans rien…