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Équipe de France
Ascenseur pour l'échafaud…
Marquée à tout jamais par la Coupe du monde (voir par ailleurs), la saison de l'équipe de France s'est écrite sur fond de crises larvées, de doutes, de rires parfois, de larmes aussi, celles du peuple irlandais, surtout, dont l'équipe est passée à la Trap par un soir de novembre, triste comme un soir de novembre… Les barrages et la main de Thierry Henry inutile d'y revenir, si ce n'est pour répéter que n'importe quel autre joueur, qu'il soit professionnel ou amateur, aurait eu le même réflexe que le recordman des buteurs en équipe de France – venaient d'offrir aux Bleus une place en Coupe du monde. Par la plus petite des portes, certes…
Cette qualification portait certainement en elle les germes de la crise estivale, mais peu y ont vu l'expression sportive d'un profond malaise. Suffi sait-il, comme ce fut le cas, de faire d'Henry une victime expiatoire sur fond de sportivité et d'exemplarité…, pour remettre les Bleus dans le droit chemin ? Seuls quelques politiques, remontés tout au long de la saison contre le football professionnel, pouvaient, eux, y croire.
De la même façon, lorsque l'Espagne est venue donner la leçon aux Français, dans un Stade de France ébloui par la maîtrise collective des futurs champions du monde, certaines voix toujours les mêmes ? se sont certes élevées pour déclarer que la patrie était en danger, mais l'optimisme est, dans l'ensemble, resté de mise, et c'est la majorité silencieuse que l'on a entendue… Le désamour du supporter et des médias pour le sélectionneur, portant surtout sur la forme, a éludé les questions de fond, au premier rang desquelles celle du jeu.
Qu'importe que cette équipe-là jouât mal, puisqu'elle serait au rendez-vous sud-africain. Il fera jour, demain…
Les matches de préparation au Mondial ont pourtant confirmé le diagnostic initial, mais il fallait faire front, se réunir derrière les Bleus, croire au miracle, surtout ne pas tirer sur une ambulance…
Même la presse, quelque temps avant le début de la Coupe du monde, vantait l'unité retrouvée des Bleus, la naissance d'un groupe, et se mettait à croire en un possible exploit…
Mais combien, qu'ils soient journalistes ou footballeurs, étaient dupes, au soir de la victoire devant le Costa Rica, au lendemain du nul en Tunisie, ou pendant que quelques Chinois, inconnus alors et qui le restent aujourd'hui, menaient nos rêves de reconquête mondiale à l'échafaud ?
Coupe d'Afrique des Nations
In memoriam…
La Coupe d'Afrique des nations aurait pu (dû ?) s'arrêter là, ce vendredi 8 janvier 2010. En ce vendredi noir, elle a quitté, définitivement, la rubrique des sports pour entrer dans celle des faits divers… Ce 8 janvier, le bus de la délégation du Togo est attaqué, mitraillé par des rebelles à l'entrée de la frontière de l'Angola, dans l'enclave de Cabinda, au nord du pays organisateur, foyer de tensions entre les séparatistes et le parti au pouvoir. Deux morts et de nombreux blessés, le bilan est terrible après que la violence aveugle a frappé la sélection du Togo, qui décide, finalement, de se retirer d'une compétition qui, dès lors, avait perdu tout son attrait.
Elle devait tracer la route du succès pour la première Coupe du monde jamais organisée sur le sol africain, quelques mois plus tard ; elle n'a fait naître que doutes et interrogations, heureusement sans fondement au regard du bon déroulement du rendez-vous mondial. L'attaque du bus et le danger pesant sur les autres délégations ont évidemment tronqué une compétition qui n'a pas, sportivement, tenu ses promesses.
Minés, qui plus est, par des dissensions internes, le Cameroun et la Côte-d'Ivoire n'ont été que l'ombre d'eux mêmes, quittant la compétition au stade des quarts de finale. Une voie royale, une fois encore, s'ouvrait sous les pieds de la sélection égyptienne, revancharde, pour avoir laissé échapper, quelques semaines plus tôt, la qualification à la Coupe du monde, face aux Algériens.
En demi-finales, les Égyptiens furent d'ailleurs sans pitié, donnant une véritable leçon à l'Algérie, qui commençait à mesurer les difficultés qui seraient siennes en Afrique du Sud (4-0). Les Ghanéens ont été les seuls à se hisser au niveau des Pharaons, après avoir débuté la compétition sur la pointe des pieds à Cabinda. En finale, ils durent néanmoins s'incliner devant des Égyptiens, toujours aussi performants collectivement (1-0). L'Égypte, déjà vainqueur des précédentes éditions, signait là un triplé qui témoigne de sa suprématie sur le continent où elle écrase la concurrence. À Luanda, Les Pharaons ont inscrit pour la septième fois leur nom au palmarès. C'est, malheureusement, ce que l'histoire retiendra. Qui se souviendra, demain, des deux Togolais tragiquement disparus ?
Ligue 1
Deschamps avait la clé…
Dix-sept ans… À la longue, la sardine qui bouchait le Vieux Port avait fi ni par se transformer en un énorme poisson, nourri des rêves perdus de générations entières de supporters de l'OM. Dix-sept ans que Marseille attendait, tapie dans l'ombre de Bernard, d'Éric (pas Di Méco, évidemment, mais l'autre, le procureur...) et de Dédé, déjà.
Dix-sept ans… Choisi et installé par Pape Diouf, président sortant, parti cultivé ailleurs son amour du beau Je, du mot juste et de la phrase ciselée comme Éric (pas Di Méco, évidemment, mais Cantona…), Didier Deschamps, capitaine de l'armada phocéenne qui régna au sommet de l'Europe en 1993, est revenu sur cette terre que l'on dit bénie par les dieux du football pour redonner vie à la légende, et ajouter deux lignes au palmarès d'un club qui, entre deux crises et trois pastagas, avait fi ni par rentrer dans le rang.
La Coupe de la Ligue, au sortir du printemps, accueillie comme hier la Ligue des Champions, et le titre, suprême offrande, venu chasser les fantômes du passé et saluer la mémoire de Robert Louis-Dreyfus, président-mécène, qui, longtemps, a été le seul à croire en cette résurrection-là.
Si la consécration, au bout d'une drôle de saison débutée sur la pointe des pieds, a été longue à mûrir, elle a été facilitée par l'implosion de la maison bordelaise. Dominateurs et sûrs d'eux en 2009, dans la foulée de leur titre, les Girondins ont tout perdu en 2010, à commencer par leur football, leur cohésion et leur beau discours.
Étrangement (?) épargnés par la presse (pareille descente aux enfers aurait déchaîné les médias, pour peu qu'elle ait concerné Marseille, Lyon ou Paris…), la faillite du champion sortant, sous les yeux d'un Laurent Blanc démuni, a permis à Lyon et à Auxerre de monter sur le podium, à Lille et à Montpellier de s'offrir l'Europe en partage. Le haut niveau est impitoyable, qui s'amuse à redistribuer les cartes à l'envi, à déboulonner les statues.
L'OM en sait quelque chose, sa traversée du désert a été longue. Heureusement pour le club préféré des Français, Didier Deschamps avait la clé. Qu'il semble avoir perdue depuis. Ah, si j'osais…
Trophées UNFP du football
Confirmations et surprises...
La dix-neuvième cérémonie des Trophées UNFP du football a eu lieu le dimanche 9 mai 2010. Elle a été, cette année encore, la grande fête du football français, retransmise en direct et en intégralité par Canal+.
Comme le veut la tradition, les footballeurs professionnels ont été appelés à voter, ceux de L1 pour la L1 et le meilleur espoir, ceux de L2 pour la L2. L'Unecatef a, quant à elle, organisé son propre vote pour les entraîneurs. Les féminines et les arbitres ont désigné leurs lauréats. Le trophée du meilleur joueur de la saison, en Ligue 1, est revenu à Lisandro Lopez, le Lyonnais. Attaquant atypique, qui ne renonce jamais, il a, compte tenu de son avance au classement, impressionné ses pairs. Déjà vainqueur l'an dernier, et nommé dans la catégorie supérieure, le jeune Lillois Eden Hazard réussit un doublé mérité.
Personne n'aurait pu imaginer qu'Hugo Lloris ne soit pas, cette année encore, sur la plus haute marche du podium du classement des gardiens de L1. Le Lyonnais, à la vue des résultats qui reflète son exceptionnelle saison, a écrasé la concurrence, pourtant relevée...
Deux fois vainqueur du Trophée de meilleur joueur du mois de L2, Le Tourangeau Olivier Giroud inscrit son nom au palmarès avant d'aller défi er, avec Montpellier, les défenses de la L1. Ce sont les attaquants de L1 qui trouvent, désormais, Steeve Elana sur leur route, puisque le Stade Brestois a retrouvé l'élite. Elana, meilleur gardien de L2, devance un trio de qualité, preuve que la formation des « goals » en France fonctionne très bien.
Surprise du côté des entraîneurs... On attendait Didier Deschamps (doublé championnat Coupe de la Ligue avec l'OM), mais les entraîneurs ont élu Jean Fernandez, l'Auxerrois, qui, avec des moyens beaucoup plus limités et un travail sur plusieurs années, a ramené l'AJA sur les routes de l'Europe. De la même façon, en L2, ce n'est pas Franck Dumas, le Caennais, mais Alex Dupont, le revenant patron brestois, qui remporte le Trophée.
Enfi n, le Trophée d'honneur de l'UNFP a été – une fois n'est pas coutume – attribué à un joueur en activité, Claude Makelele. À joueur exceptionnel, décision exceptionnelle !
Ligue 2
Caen, la tripe est revenue à la mode
Ils étaient quelques-uns, sur la ligne de départ, à s'être forgé un moral de vainqueur dans un championnat sous-estimé, qui ne s'offre pourtant qu'aux plus valeureux. Et ça ne date pas d'hier ! L'EA Guingamp, auréolé d'une Coupe de France visiblement trop lourde à porter, le RC Strasbourg, miné par des histoires sans fi n ? de gouvernance, le SC Bastia, qui se raccroche à son glorieux passé, le FC Nantes, qui n'est plus que l'ombre de lui-même et ne cultive plus l'art du jeu, le FC Metz, qui n'en fi nit plus d'espérer.
Ces cinq-là, hier pensionnaires de l'élite, connus et reconnus, ont vécu une saison en enfer, ponctuée, pour les trois premiers cités, d'une relégation en National. Le football n'a pas de mémoire, il cultive l'instant présent avec une perversité confondante.
Il se moque des ors, des palmarès et du reste… Mais il offre aussi de vrais moments de bonheur, cette joie partagée avec les supporters quand, au bout de la course, on franchit en vainqueur la ligne d'arrivée. Le Stade Malherbe de Caen en sait quelque chose, qui fête les montées et le titre de champion, cette fois, par-dessus le marché ! comme il pleure, avec la même régularité jusqu'à présent, les descentes. Le Stade Brestois l'a redécouvert, retrouvant l'élite dix-neuf ans après l'avoir quittée. L'AC Arles-Avignon, y prend goût, rejouant, tout juste un an après, le coup du promu surprise, au nez et à la barbe de Messins désabusés… Drôle de saison et drôle de palmarès, diront certains. Peut-être, oui, mais la vérité du terrain est là. Implacable.
National
Évian-Thonon a trouvé la source
S'il ne possède pas le label « professionnel », mais accueille des équipes qui en ont parfois conservé le statut, le championnat National s'est, au fi l des années, professionnalisé, et constitue une rampe de lancement idéale pour l'élite. Arles-Avignon pourrait en témoigner, et Évian-Thonon Gaillard semble bien parti pour marcher sur les traces, encore fraîches, des Provençaux. Avec sa pléthore de stars qui s'agitent en coulisses (de Zinédine Zidane, himself, à Franck Riboud, le patron de Danone, mécène avisé, en passant par Bixente Lizarazu et quelques autres…), Évian-Thonon renverse les montagnes qui habitent son quotidien sur les bords du Lac Léman.
Le titre remporté, loin de combler l'appétit des Haut-Savoyards, ne semble bien n'être qu'une étape. Il faut, à n'en pas douter, être particulièrement costaud pour s'extraire d'une compétition dans laquelle il est impossible de réussir sans de solides bases, sans un effectif expérimenté, sans une organisation identique à celles rencontrées au niveau supérieur. Il n'est d'ailleurs pas étonnant que Reims et Troyes, fraîchement descendus de Ligue 2 et qui comptaient au nombre des prétendants les plus sérieux, forment le tiercé gagnant avec Évian-Thonon Gaillard.
Coupe de France
Paris, l'autre spécialiste…
Si l'Olympique de Marseille, avec ses dix trophées, domine toujours les débats, le Paris Saint-Germain, avec huit victoires, talonne désormais le club phocéen au palmarès d'une Coupe de France dont il est devenu un vrai spécialiste. Outre qu'elle permet, régulièrement, aux Parisiens de « sauver » sportivement leur saison, la Coupe de France mais le PSG « aime » aussi la Coupe de la Ligue… leur ouvre les portes de l'Europe, sans laquelle il est impossible d'exister lorsque l'on revendique le statut de « grand club ».
En finale, dans un Stade de France totalement acquis à leur cause, et devant une formation monégasque que l'on a connue plus fringante et plus entreprenante mais qui n'a cédé que lors de la prolongation (but de Guillaume Hoarau) -, les Parisiens n'ont pas laissé passer leur chance.
Coupe de la Ligue
Passation de pouvoirs…
Face à des Girondins de Bordeaux, tenants du trophée, mais en pleine déconfiture, l'Olympique de Marseille a inscrit, pour la première fois de son histoire, la Coupe de la Ligue à son palmarès (3-1). Au-delà de l'anecdote, au-delà même du premier titre remporté depuis 1993 et la victoire historique en Ligue des Champions, le 27 mars 2010 restera comme une double passation de pouvoir entre le champion, déjà déchu, et son futur successeur…
Comme Bordeaux, la saison précédente, l'OM a pris date, et les bourgeons de l'une des premières journées printanières ont donné, deux mois plus tard, les fruits tant attendus. C'est la raison pour laquelle, cette Coupe – critiquée, et que l'on présente comme dévalorisée – a été fêtée comme une grande pour tout le peuple marseillais…
Ligues des champions
En béton armé…
Si c'est à Karl Rappan, un Autrichien qui joua en Suisse, en entraîna la sélection, et fut faut-il le rappeler un adepte du salut nazi, que l'on doit l'invention du libero joueur, il évoluait derrière sa propre défense, l'inventeur du catenaccio, c'est Helenio Herrera, un système qu'il introduisit discrètement, dès 1942, dans l'équipe fédérale d'Île-de-France… Que l'on parle de verrou suisse ou de béton à l'italienne, il n'y a pas de différence… Et, malheureusement, au niveau des résultats, ça peut marcher… L'Inter Milan d'Herrera enfila, au cœur des années 60, les titres et les Coupes d'Europe comme d'autres les perles.
La tactique ultradéfensive de son entraîneur fi t vite des émules, d'autant que les règles, et pas celles du jeu, changeaient. Derrière chaque victoire, se cachait désormais l'argent, le moyen donc de faire face à des ambitions toujours plus grandes. Ne plus perdre devenait une obligation…
Tout le monde, ou presque, les a oubliés. Et pourtant, leur ombre a plané sur le Nou Camp, le 28 avril dernier. Car si l'Inter Milan a battu, en fi nale, un Bayern moribond et privé de Franck Ribéry (2-0, doublé de Diego Milito), c'est bien lors de la demi-finale retour face à Barcelone que José Mourinho et ses soldats ont plombé les rêves de ceux qui aiment le jeu de football pour le jeu (3-1, 1-0). On pourra toujours dire et c'est vrai que les Barcelonais ont été incapables, ce soir-là, de résoudre le problème posé par les Interristes, qui n'ont échangé que quelques passes en quatre-vingt-dix minutes.
Triste record ! Même si l'Inter a montré un autre visage, en fi nale, point d'orgue d'une saison exemplaire (titre et Coupe d'Italie), cette Ligue des champions-là nous laisse un goût amer, d'autant que Lyon, qualifié pour la première fois de son histoire pour les demi-finales, a vu ses rêves justement s'envoler devant un Bayern qui lui était supérieur.
Pour en arriver là, les Gones avaient éliminé, en quarts, des Bordelais qui, eux aussi, croyaient au miracle. La France reprenait des couleurs sur une scène européenne où elle n'est que rarement invitée à la table des grands. C'était déjà ça…
Ligue Europa
L'Espagne et Forlan… déjà !
Depuis la disparition de la Coupe des Coupes en 1999, la Coupe de l'UEFA a été relookée, dépoussiérée, pour en faire une Ligue des
Champions bis, plus attrayante, plus valorisante. Plus difficile, aussi. Les succès, ces dernières années, de formations de l'Europe de l'Est, peu habituées à de tels honneurs, ont néanmoins relancé la polémique sur le niveau réel d'une compétition qui, elle aussi, échappe à la France, malgré quelques finales. Quatre en plus de cinquante ans, c'est quatre quand même…
Éliminés en huitièmes de finale, Marseille et Lille n'ont pu, cette fois encore, relever le défi, alors que l'Atletico Madrid et ce diable de Diego Forlan, Uruguayen et futur demi-finaliste de la Coupe du monde, ont offert à l'Espagne, sur la route de son sacre mondial, son troisième succès en cinq ans, après le doublé du FC Séville (2006, 2007)…