Plus de professionnalisme pour plus de sécurité !

Posté le 25.08.2014 à 15h18

La professionnalisation du football africain passe, inévitablement, par une plus grande sécurité offerte aux joueurs, comme aux arbitres et aux spectateurs. Les dirigeants, visiblement, n’en ont pas conscience.

Face au décès d’Albert Dominique Ebossé Bodjongo Dika, samedi en Algérie, alors qu’il pratiquait son métier de footballeur professionnel sous le maillot de la JS Kabylie, la Division Afrique de la FIFPro, soutenue par le Synafoc, le syndicat des joueurs camerounais, pense, en premier lieu, à la famille et aux proches de cet attaquant de 24 ans, fauché par la bêtise malheureusement devenue ordinaire de prétendus supporters.

La Division Afrique de la FIFPro leur présente ses plus sincères condoléances.

Si le temps est à la peine et au recueillement, il est aussi à l’incompréhension et à la colère face à un acte d’une telle lâcheté, d’une telle barbarie. Comment est-il possible, en 2014, qu’un footballeur puisse mourir, en Afrique, en Algérie, dans l’exercice de son métier ?

« Ces dernières années, rappelle Stéphane Burchkalter, secrétaire général de la Division Afrique, nous n’avons eu de cesse de dénoncer le manque flagrant de professionnalisme au sein des dirigeants africains. D’un côté, on en demande toujours plus aux joueurs, en terme d’investissement. En clair, il faut qu’ils soient irréprochables. Au moindre faux pas, on les critique, on les sanctionne… De l’autre, on laisse les dirigeants agir à leur guise, sans le moindre professionnalisme. On les laisse ‘’s’amuser » avec les contrats, ‘‘oublier » de payer les salaires ou jouer avec la vie des joueurs en organisant des compétitions où la plus élémentaire des sécurités n’est pas assurée. C’est pourtant la moindre des choses !

« Il est évident que le coupable du geste infâme, qui a entraîné la mort d’Albert Dominique Ebossé Bodjongo Dika, devra être puni, mais il ne faudra pas s’arrêter là. Si les mesures drastiques ne sont pas prises, en Algérie comme dans un grand nombre d’autres pays africains, pour préserver la sécurité des footballeurs, d’autres incidents sont malheureusement à craindre. Mais en l’état actuel des choses, du fait de l’inconstance et de l’inconsistance d’un grand nombre de dirigeants, de la passivité des fédérations face aux manques flagrants pourtant sus et connus de tous, il y a fort à parier que les décisions, pourtant appelées par l’ensemble des footballeurs, resteront lettres mortes…

« Si le bon sens venait néanmoins à s’imposer, il faudrait alors que les joueurs via leurs représentants soient associés aux réflexions partout en Afrique, concernant notamment leur sécurité. Et c’est pourquoi nous regrettons, une fois encore, l’absence d’ouverture et de dialogue de la Fédération algérienne. Un grand pays de football, comme l’Algérie, doit se doter d’une association de joueurs, indépendante, capable de défendre les droits et les intérêts des footballeurs comme c’est au demeurant le cas au Maroc, en Tunisie ou en Egypte.

« Sportivement, l’Algérie a montré de quoi elle était capable lors de la dernière Coupe du monde au Brésil, mais cela ne suffit pas. Ne suffit plus !

« La Division Afrique de la FIFPro rappelle qu’elle est ouverte au dialogue, et qu’un grand nombre de footballeurs évoluant en Algérie sont d’ores et déjà prêts et décidés à franchir le pas… »

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