Danilson Da Cruz ou l’ambition intacte…

Posté le 16.09.2016 à 13h19

Pour le compte de la septième journée de Ligue 2, ce vendredi soir, Reims se rend à Sochaux pour ce que l’on peut considérer comme un sommet, les deux équipes étant invaincues, comme Strasbourg au demeurant. C’est l’occasion pour nous de donner la parole à Danilson Da Cruz, un ancien de l’UNFP FC, tout aussi ambitieux que son nouveau club…

En 2014, à la fin de son contrat à Créteil, Danilson Da Cruz a pris, pour la première fois, le chemin de l’UNFP FC, ce qui allait lui permettre de rebondir au Red Star. En deux saisons sous les couleurs audoniennes, il a connu une montée de National en L2,  puis une saison pleine – avec le brassard de capitaine, qui plus est ! – avec une 4e place à la clé, à un tout petit point de l’accession en Ligue 1. Et le voilà aujourd’hui, après un nouveau crochet par l’UNFP FC, l’été dernier, à Reims, avec pour objectif la montée en L1… Interview d’un joueur, aujourd’hui âgé de trente ans, qui ne renonce jamais !

"J'ai fait le bon choix en signant au Stade de Reims..."

Quel parcours depuis deux ans !

L’important, c’est qu’il s’est inscrit dans le bon sens, dans le sens de la progression. Je suis content, pour le nier, que les choses aient pu évoluer ainsi. Et très heureux, du même coup, d’avoir participer à deux reprises aux stages de l’UNFP. La première fois parce qu’il me fallait rebondir, la seconde parce que je m’étais promis d’y revenir un jour. C’est la raison pour laquelle, à la fin de mon contrat au Red Star, j’ai décidé de passer au moins une semaine au sein de ce club pas comme les autres, l’UNFP FC.

Quand quel état d’esprit étiez-vous la première fois, en 2014 ? Connaissiez-vous le fonctionnement et l’état d’esprit de l’UNFP FC ?

J’en avais entendu parler, évidemment. Pourtant, cette année-là, je ne m’étais même pas inscrit, car je pensais, à la fin de mon contrat à Créteil, signer dans la foulée avec un autre club. Mais je me trompais. Au coeur de l’été, Cédric Collet, un coéquipier de Créteil, présent au stage, m’en a parlé. J’ai tout de suite été intéressé, ai contacté Philippe Lafon et Pascal Bollini, et j’ai intégré le groupe à fin du tournoi FIFPro. J’ai été très agréablement surpris par le contenu proposé. C’est toujours difficile, voire illusoire, de vouloir s’entretenir tout seul, alors qu’au stage on s’entraîne comme dans un club, et le reste est à l’avenant : tout est mis à notre disposition. On bénéficie de bonnes installations pour travailler, se reposer sous la conduite d’un staff complet, qui nous suit comme dans un club… Sans les contraintes que l’on y rencontre parfois, mais avec tous les avantages.

Cette année, après la fin de votre contrat au Red Star, vous avez fait le choix de venir vous préparer au sein de l’UNFP FC, en attendant que les contacts déjà noués avec les clubs évoluent…

En février dernier, quand j’ai pris la décision de quitter le Red Star, je savais déjà que j’allais venir me préparer au stage à la fin de la saison. Je voulais – et je l’ai déclaré – partir à l’étranger. Je me doutais qu’il me faudrait certainement attendre et j’ai préféré rejoindre l’UNFP FC, car l’expérience m’a appris que rien n’était acquis dans notre milieu. Le moins que je puisse dire, c’est que je n’ai pas été déçu, cette fois encore.

Finalement, vous n’avez quitté la France, et vous avez pu rebondir sur un très beau projet, en signant avec le Stade de Reims, un club très structuré et ambitieux…

A la base, j’étais vraiment décidé à partir à l’étranger. Si j’avais attendu une semaine de plus, j’aurais certainement signé dans un autre pays. Mais quand le Stade de Reims m’a contacté, j’ai envisagé la situation autrement. Reims est l’un des plus grands clubs français de par son histoire. Le projet présenté m’est tout de suite apparu crédible avec l’objectif avoué de la montée. Et puis quand j’ai visité les installations, je n’ai plus hésité du tout, et je savais que j’allais faire le bon choix en signant au Stade de Reims.

Face au Real Madrid...

Un match amical en début de saison face au grand Real, ou comment être confronté "au très haut niveau"...

« C’est comme si les joueurs du Real faisaient un autre métier que le nôtre. C’est une autre dimension, un autre univers… »

"Il faut haïr la défaite !"

Comment s’est passée l’intégration à Reims ?

Le groupe avait repris la préparation depuis la fin juin, donc physiquement, malgré les entraînements avec l’UNFP, je n’étais pas au même niveau que le reste de l’effectif. J’ai donc logiquement commencé la première semaine par du travail individualisé… J’ai joué le premier match de championnat, puis le coach m’a laissé souffler car on a enchainé un match de L2 et un tour de Coupe la Ligue en 3 jours à peine. Depuis, j’ai été régulièrement titulaire, car je suis bien mieux physiquement. Mon intégration s’est faite naturellement avec le groupe. Et puis Reims est une belle ville, une ville qui respire le football. Je suis bien installé et je m’y plais vraiment.

Depuis le début de la saison, Reims affiche ses ambitions…

L’objectif du club c’est la montée, et pour cette raison que j’ai signé ici. C’est toujours plus facile quand on réalise un bon début de saison. On fait un carton plein sur notre pelouse et on prend des points en déplacement. Il nous faut maintenant maintenir le rythme et retarder le plus possible l’heure de la première défaite : il faut haïr la défaite !

Pour revenir à votre début saison, vous avez eu la chance de vivre un match amical exceptionnel contre le Real Madrid, à Santiago Bernabeu…

C’était extraordinaire. Jamais, compte tenu de mon parcours, je n’aurais imaginé disputer un match dans ce fabuleux stade. Là, tu comprends ce qu’est le très très haut niveau. C’est comme si ces joueurs faisait un autre métier que le nôtre. C’est une autre dimension, un autre univers.

Vous êtes très proche et attaché à l’UNFP depuis plusieurs années maintenant. Que pourriez-vous dire aux joueurs qui ne souhaitent pas venir se préparer dans notre structure, l’UNFP FC, à cause cette image du stage des « chômeurs » ?

Je pense qu’il ne faut pas juger sans avoir connu ce stage, car il est très positif. Tout est très positif. Beaucoup de joueurs ont peur de voir cette étiquette de « chômeur » leur coller à la peau, et je trouve que c’est une très grosse erreur, parce que tu t’entraînes avec des joueurs qui sont dans la même situation que toi, tu peux te retrouver avec des joueurs qui ont eu une grande carrière et qui se retrouvent sans club. C’est une belle expérience. Tu ne fais que des belles rencontres. Ces sessions sont très bien organisées, c’est carré. Moi, je n’y ai pris que du plaisir. Il faut se libérer de cette image, ne pas se poser de question, et y aller tout simplement. Je conseille à tous les joueurs en fin de contrat, même à ceux qui sont déjà en négociation avec des clubs, de toujours s’inscrire pour le stage au cas où. On ne sait jamais ce qui peut se passer. »

Recueilli par Philippe Rossi

(Photos Stéphane Saint-Raymond, MaLigue2)

Un parcours atypique...

Amateur jusqu'à 23 ans...

« Jai évolué pendant 6 saisons au niveau régional, jusqu’à mes 23 ans. J’ai signé en 2007 à l’UJA Alfortville, mais ça n’a pas marché les 6 premiers mois. J’ai donc été prêté dans la foulée à l’Ararat Issy en CFA 2, et après une bonne deuxième partie de saison, j’ai signé avec la réserve de Créteil, qui évoluait également en CFA2. A Créteil, c’est le coach Laurent Fournier, qui après 3-4 mois passés avec la réserve m’a fait monter avec le groupe pro en National, et c’est comme ça que c’est parti pour moi. Laurent Fournier que j’ai retrouvé, quelque temps plus tard, à l’UNFP FC, dont il était l’entraîneur. Une raison de plus, pour moi, de franchir le cap et de rejoindre ce club pas comme les autres… »

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