UNFP, 60 ans
Posté le 26.11.2021 à 16h58On n’a pas tous les jours 60 ans ! 60 ans de combats, d’engagements, de victoires et d’espoirs qui ont fait de notre syndicat une institution forte, reconnue et écoutée dans le monde du football français.
Aujourd’hui, nous avons choisi de célébrer cet anniversaire à travers le prisme de ceux qui œuvrent pour mener à bien ses missions, jour après jour. Alors, laissons la parole aux collaborateurs, ceux qui ont traversé les années Philippe Piat, avec enthousiasme et détermination. Ils nous confient leurs anecdotes, qui en disent aussi long qu’un grand discours sur l’histoire du syndicat …
SYLVIE POUCHELLE
Le fait qui m’a le plus marqué est l’organisation des Oscars le 4 mai 1997 avec Jean-Jacques.
La soirée était prévue le dimanche 4 mai 1997 et diffusée sur Canal plus dans le cadre de l’émission de Thierry Gilardi « L’EQUIPE DU DIMANCHE ». En toute intimité, nous étions logés avec les 700 joueurs au Sofitel St Jacques. Tous les billets d’avion (environ 300) avaient été envoyés en Chronospost le 25 avril 1997 à chaque délégué club (je suis allée dans les archives pour vérifier), bref la soirée s’annonçait sous les meilleurs auspices.
C’est alors que l’on apprend avec stupéfaction une semaine avant la manifestation que le personnel naviguant de « AIR INTER » entame une grève pour protester contre la fusion avec AIR FRANCE.

Nous avons dû modifier tous les horaires d’avion qui ne correspondaient plus. Les noms pour certains joueurs étaient modifiés également….. bref ce fût une vrai course contre la montre pour trouver des vols qui restaient maintenus. Et de mémoire, l’un ne va pas sans l’autre, il me semble que la SNCF s’y est mise aussi.
En conclusion les Oscars ont bien eu lieu et voici à l’époque les joueurs récompensés :
1997
- Division 1
- Meilleur joueur : Sonny Anderson (AS Monaco)
- Meilleur espoir : Thierry Henry (AS Monaco)
- Meilleur entraîneur : Jean Tigana (AS Monaco)
- Division 2
- Meilleur joueur : Thierry Moreau (Toulouse FC)
VALÉRIE ARNAUD
J’ai toujours en tête la période de fin de saison dans les années 90 où nous faisions parvenir à tous les clubs de première, seconde et troisième division la liste des joueurs libres, pros et stagiaires.
Chaque semaine à partir de la mi-juin jusqu’à la fin de la période du mercato, nous envoyions aux clubs par la poste la liste des joueurs libres.
C’était une époque, qui paraît tellement lointaine aujourd’hui, où nous mettions à jour avec Sylvie, Jean-Jacques et René cette liste manuellement. Nous n’avions ni base de données, ni tableur Excel. Pour les plus calés en informatique, nous travaillions alors sous MS DOS !!
Nous la modifions jusqu’à la dernière minute, en fonction des informations de René ou de Jean-Jacques qui nous signalaient que tel ou tel joueur avait signé un contrat. Il fallait alors faire les modifications à la main avant les envois, c’était un véritable sacerdoce.
A partir de 1996, nous avons changé ce mode de fonctionnement avec le passage sous Windows, qui nous a fait gagner beaucoup de temps, d’énergie et de papier…
René Charrier
En 1994, Jean – Jacques a réussi à imposer au conseil d’administration de la Ligue, l’équipe de l’UNFP, réservée aux joueurs en fin de contrat, à participer à la première Coupe de la Ligue.
Nous étions qualifiés directement pour les quarts de finale avec l’AJ Auxerre, vainqueur de la Coupe de France. Nous avons hérité de Rennes au tirage au sort.
Nous avons alors été confrontés à un gros dilemme, car nous avions 30 joueurs participants à ce stage et il fallait composer une équipe de 16 joueurs ! En principe, nous faisions jouer tous les joueurs à temps équivalent à chaque match, mais cette fois c’était impossible. Notre entraîneur de l’époque n’avait pas été à la fête pour composer l’équipe. Finalement, nous avons décidé de faire jouer la meilleure équipe et certains joueurs n’avaient pas accepté cette décision. Heureusement, nous avons battu Rennes aux pénalties (score final 1 but partout) pour atteindre les demi finales. Une victoire salutaire car elle nous a permis de faire jouer les joueurs qui n’avaient pas participé au 1/4 de finale. Malheureusement, 2 penalties litigieux ont été sifflés contre nous lors du match contre Lens, le 19 juillet, et nous avons perdu 3 buts à 1. Nous ne méritions pas cette défaite. L’UNFP en finale, cela aurait été un exploit considérable !
Malgré tout, cela a permis de consolider le groupe, qui a fait preuve d’un bel esprit de solidarité, et le stage s’est terminé dans une très belle ambiance.
MANUEL PIUMI
Les remises des Trophées UNFP sont toujours de beaux moments de télévision, mais côté coulisses, on a parfois de grosses frayeurs ! Ce fut le cas pour moi lors de la première cérémonie à l’Olympia, lorsque les collaborateurs de Canal+ sont venus m’informer que les deux premiers rangs de la salle étaient vides 5 minutes avant la prise d’antenne !

Lors d’une retransmission télévisée, impossible de laisser vides les premiers rangs de la salle. Où étaient passés les invités d’honneur, censés occuper ces places ? Purée je les ai oubliés et ils étaient certainement restés au Bar Maryline dans les coulisses, où nous les avions conduits, Jean-Jacques et moi, pour le cocktail d’accueil. Il me restait 3 minutes pour aller les chercher et les installer à leurs places avant le début de l’émission ! Vent de panique dans les coulisses ! C’est dans la bousculade et la confusion la plus totale que nous avons finalement rejoint la salle … moins d’une minute avant la prise d’antenne !
Autre souvenir des Trophées, autre ambiance, cette fois marquée par une grande émotion. Zinedine Zidane recevait un trophée d’honneur des mains de Jamel Debbouze. Pas très à l’aise devant un micro, Zidane ne trouvait pas ses mots. Puis, il a commencé à évoquer sa mère et sa femme qui est aussi la maman de ses quatre enfants. Il a conclu en rendant un vibrant hommage « à toutes les mamans : le métier le plus difficile certes, mais aussi le plus beau métier du monde ». Particulièrement ému, le public s’est alors levé pour une standing ovation bien méritée. La classe Zizou.
Jean-Jacques Amorfini
En juillet 2001, le TFC descend sportivement en L2 et la DNCG le rétrograde en National pour problèmes financiers (100 MF).
Afin d’éviter le dépôt de bilan les dirigeants de l’époque avaient pour objectif de vendre 5 joueurs sous contrat et ainsi de pouvoir repartir en ligue 2 voire en ligue 1. Car ils avaient entrepris des recours juridiques contre la DNCG mais également contre la Ligue afin de récupérer les points sur tapis verts du match contre l’AS Saint –Etienne suite à la fraude des faux passeports. Les joueurs qui devaient être transférés nous avaient alors contactés pour les défendre auprès de la commission juridique.
Avec Jean-Jacques Bertrand nous avons permis à ces 5 joueurs de reprendre leur statut de joueur libre et de signer dans le club de leur choix. Le club a été mis en liquidation mais les recours du Toulouse FC ont obtenu gains de cause car 5 ans après, la FFF a été condamnée à payer un préjudice financier.
Pendant de nombreuses années, quand je croisais Jean Lapeyre à la FFF, celui-ci me remerciait avec un sourire très amer.