« Tous au Foot » continue de changer des vies

Posté le 25.09.2026 à 10h06

Récompensées en novembre 2025 par le FIFPRO Player Impact Award pour « Tous au Foot », la section inclusive qu’elles ont créée au Dijon FCO, Noémie Carage et Lena Goetsch ont depuis quitté le club. Le projet, lui, poursuit sa route, et les deux joueuses continuent de le faire vivre à distance.

Près d’un an après avoir reçu le FIFPRO Player Impact Award, Noémie Carage et Lena Goetsch peuvent mesurer le chemin parcouru. Lancé au sein du Dijon FCO, « Tous au Foot » permet à des personnes en situation de handicap intellectuel de s’entraîner, de jouer et de trouver leur place dans une équipe. Les deux joueuses ont depuis quitté la Bourgogne, mais le projet n’a rien perdu de son élan.

« Cette récompense a été très importante pour Tous au Foot, explique Noémie Carage. Elle nous a permis de poursuivre le projet dans de bonnes conditions et d’organiser de nombreuses activités tout au long de l’année. » La dotation a notamment financé un tournoi de Noël dans un centre de futsal, un tournoi de fin de saison et des cadeaux pour les membres et les bénévoles de la section.

Pour Lena Goetsch, l’essentiel se situe pourtant ailleurs. « Au-delà de l’aspect financier, ce prix a surtout été une véritable reconnaissance de l’engagement de toutes les personnes qui font vivre ce projet depuis plusieurs années. Nous avons reçu de nombreux messages de félicitations. Ce prix a permis de parler davantage de la section et d’attirer de nouveaux établissements et de nouveaux licenciés. »

« Ils n’attendaient qu’une chose : le prochain entraînement »

La saison dernière, l’un des moments forts a eu lieu lors de la réception de Fleury, le club de Lena Goetsch, par le Dijon de Noémie Carage, en championnat. De nombreux participants et encadrants de « Tous au Foot » étaient présents dans les tribunes, et sur la pelouse. Ils ont accompagné les joueuses à leur entrée sur le terrain, ont joué les ramasseurs de balles et ont relevé un défi à la mi-temps.

Au coup de sifflet final, les conversations sont vite revenues au projet. « Ils sont venus me raconter leurs entraînements, les prochains tournois, les prochaines échéances, se souvient Lena Goetsch. Je voyais l’épanouissement et la fierté dans leurs yeux. Tous au Foot est un projet sportif, mais il va bien plus loin. »

Noémie Carage garde, elle, le souvenir des mots des éducateurs. « Plusieurs d’entre eux sont venus me dire qu’on ne se rendait pas compte à quel point cette section faisait du bien aux participants, à l’école comme en dehors. Ils nous ont raconté que, dès le début de la semaine, les joueurs et joueuses n’attendaient qu’une chose : le prochain entraînement. Certains ne parlaient que de ça. Ce genre de témoignage fait vraiment chaud au cœur, car on ne réalise pas toujours à quel point ces moments comptent pour eux. »

La visibilité offerte par le prix a aussi ouvert des portes, avec l’arrivée de nouveaux partenaires comme VYV 3 Bourgogne. « Cela nous a permis de montrer que le football peut être un véritable outil d’inclusion, souligne Noémie Carage. Cette reconnaissance a renforcé la crédibilité du projet, y compris au sein du club. »

Un projet qui doit leur survivre

Noémie Carage évolue désormais au Servette, en Suisse, et Lena Goetsch est toujours à Fleury. Les deux joueuses restent pourtant très investies dans le projet. Elles le coordonnent à distance, en lien étroit avec les responsables de la section à Dijon. Elles participent à l’organisation des séances et des événements, gèrent les inscriptions et les échanges par mail, et font face aux imprévus d’une saison.

« Même si nous avons quitté Dijon, il était essentiel pour nous que Tous au Foot continue à vivre, insiste Lena Goetsch. Ensemble, nous mettons en place une nouvelle organisation pour assurer la continuité de la section et lui permettre de grandir. Notre objectif est qu’elle s’inscrive durablement dans la vie du club, et nous espérons qu’elle inspirera d’autres clubs. »

Ce qui leur manque le plus, ce sont les séances elles-mêmes et le temps passé avec les participants, les éducateurs, les stagiaires et les bénévoles qui ont fait de leur idée une vraie communauté. Pour elles aussi, ces entraînements comptaient beaucoup. « Chaque séance était un moment de partage, de bonne humeur et de rires, raconte Noémie Carage. C’était précieux pour nous, joueuses, parce que ça nous permettait de relâcher la pression et les exigences du haut niveau. Les voir progresser, s’épanouir et prendre du plaisir sur le terrain restera sans aucun doute notre plus belle récompense. »

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