Didier Drogba : sa vie est un roman…

Posté le 29.05.2019 à 14h39

Trophée d’honneur UNFP 2019, Didier Drogba, ce n’est pas seulement une trajectoire incroyable, une carrière exceptionnelle, c’est aussi un homme engagé pour les autres à travers la fondation qui porte son nom et les actions marquantes qui ont jalonné son parcours. En clair, c’est une star dans toute l’acception du terme…

Incarnerait-il seulement l’errance, chère à Wim Wenders, que cela suffirait à faire de sa vie – de ses vies ? – la trame d’un roman d’aventures, comme il s’en écrivait autrefois, quand le héros partait à la conquête de territoires inconnus, terrassant les dragons – ici, ses adversaires – sur tous les continents, à l’exception de l’Océanie et du sud des Amériques, si l’on oublie qu’il disputa sa troisième et dernière Coupe du monde au Brésil…

Serait-il seulement un joueur de football, légende bien vivante, couvert de gloire, d’honneurs et de titres que cela suffirait à faire de lui un footballeur à part, adulé, respecté et si respectable.

Une star planétaire, oui, évidemment, mais à hauteur d’homme. C’est là toute la différence.

Devrait-il témoigner de ses engagements, qu’il faudrait reconnaître en lui la puissance charismatique de ceux qui savent, avec simplicité et tellement de force, rassembler autour d’eux pour une idée, un projet, un objectif, un combat. Et pour tant de rêves aussi, ceux des autres avant tout, qui finissent par devenir les siens. Ou inversement.

Il y a tant d’histoires et de victoires à raconter. Il n’y a pourtant qu’un seul et unique Didier Drogba.

Le même à chaque fois !

C’est évidemment le footballeur, qui est récompensé par ce Trophée d’honneur. Celui qui est né au football professionnel au Mans, a grandi l’espace d’une saison à Guingamp, a marqué à vie le stade Vélodrome en moins d’une année, a propulsé Chelsea au sommet du football anglais et européen, a offert avec d’autres une première participation à la Coupe du monde à la Côte d’Ivoire, plus une deuxième et une troisième encore, est allé jusqu’en Chine ouvrir de nouvelles routes, a redonné espoir à Galatasaray, a conquis l’Amérique, via l’Impact de Montréal et le Phoenix Rising, dont il est devenu actionnaire…

C’est évidemment cet attaquant, buteur jamais rassasié, chef de bande et professionnel respecté, qui emmena sa grande carcasse sur les terrains, passée la quarantaine, pour prolonger jusqu’au bout de ses forces cette passion pour le jeu de football, qui ne mourra pourtant jamais en lui…

Mais derrière l’icône, autant vénérée sur la Canebière, dans les pubs du Nord de Londres que partout sur sa terre natale, ivoirienne et africaine, derrière le formidable joueur qui a partout laissé une empreinte indélébile, c’est aussi l’homme engagé que nous fêtons en ce soir de mai, à travers la fondation qui porte son nom pour la santé et l’éducation, ou encore Peace and Sport, dont il est le vice-président et l’un des ambassadeurs pour la paix.

C’est aussi le président d’honneur de la Division Afrique de la FIFPro, qui prend depuis dix ans son rôle avec le même sérieux que celui avec lequel il fut naturellement membre fondateur et reste par conviction vice-président de l’Association des Footballeurs Ivoiriens.

Parce que Didier Drogba n’oubliera jamais qui il était avant d’être footballeur, d’où il vient, ce qu’il doit à ce sport qu’il a si dignement servi ; ce qu’il doit aux autres, coéquipiers, adversaires, entraîneurs et supporters ; ce qu’il doit à son pays, aux Ivoiriens, qu’il a réussi à rassembler aux heures les plus sombres, et ce qu’il doit à l’Afrique et à ses frères africains dont il connaît les ressources. Mais pas seulement à eux, forcément, parce qu’il ne serait pas Didier Drogba s’il devait choisir entre ceux qui souffrent ici, sur son continent, et tous ceux qu’il peut aider partout ailleurs dans le monde, après les avoir fait rêver…

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