Ces Bleus ont de la suite dans les idées…

Posté le 15.10.2014 à 10h58

Lancée dans une longue litanie de rencontres sans enjeu jusqu’à l’Euro-2016, l’équipe de France s’en est jusqu’ici parfaitement accommodée et surfe toujours sur une dynamique, née il y a près d’un an en barrage du Mondial-2014 et renforcée par son beau parcours au Brésil.

Le danger était grand de voir les Bleus démobilisés après avoir connu l’ivresse de la Coupe du monde et aborder ce programme fastidieux avec une motivation en berne. Le Championnat d’Europe organisé à la maison est encore très loin pour des joueurs obligés de jongler avec les impératifs de leurs clubs et un calendrier surchargé. Mais l’élan brésilien est toujours vivace et les Français mettent un point d’honneur à ne pas en dilapider les acquis.
Le bilan de l’après-Mondial est à ce titre éloquent. Avec 3 victoires et un nul concédé par les réservistes en Serbie (1-1), les troupes de Didier Deschamps frôlent le sans-faute. Le menu proposé y est sans doute pour beaucoup et il est plus facile de sonner le tocsin pour des affrontements de prestige face à l’Espagne (1-0) ou le Portugal de Cristiano Ronaldo (2-1).
Mais le succès ramené d’Arménie (3-0) a prouvé que ce groupe, façonné par Didier Deschamps depuis cette soirée mémorable du 19 novembre 2013 au Stade de France (barrage retour du Mondial remporté 3-0 contre l’Ukraine), ne voulait rien lâcher et avait déjà les yeux rivés vers l’Euro.

Confiance aux ‘mondialistes’

« Ce type de match est toujours un peu plus compliqué à jouer que celui de samedi (face au Portugal, ndlr). L’adrénaline n’est pas naturelle, mais on a su être performants. Il faut que cette flamme soit là. Le haut niveau, c’est ça », a commenté le sélectionneur.
L’infatigable Blaise Matuidi a lui aussi mis l’accent sur la « continuité » et loué l’état d’esprit irréprochable des Bleus, quasiment invulnérables depuis un an… à part contre les futurs champions du monde allemands en quart de finale au Brésil (1-0).
Le principal mérite en revient à Deschamps. Au lieu de jouer l’ouverture tous azimuts et d’entreprendre une vague d’essais avec le risque de casser cette spirale vertueuse, le sélectionneur a maintenu sa confiance aux « mondialistes », ne s’autorisant pour l’instant des changements qu’en cas de pépins physiques.
Ce qui permet par exemple aux deux prodiges de 21 ans Raphaël Varane, devenu le plus jeune capitaine de l’après-guerre en seconde période mardi, et Paul Pogba, encore étincelant contre le Portugal et l’Arménie, de continuer tranquillement à prendre de la bouteille et de s’imposer comme des piliers.

Avec des joueurs de ce calibre, qualifiés de « hors normes » par Deschamps, la France peut envisager le meilleur lors de l’Euro « à la maison ».

Petites brèches

L’élimination des Espoirs en barrages de l’Euro en Suède n’a en revanche pas été une bonne publicité pour la relève. Sans le tremplin qu’aurait pu constituer le Championnat d’Europe de leur catégorie d’âge en 2015 en République tchèque, celle-ci devra désormais batailler en clubs pour tenter de grappiller une sélection en A où les places sont de plus en plus chères.
D’autant que certains se sont déjà engouffrés dans les petites brèches laissées par « DD ». Avec un but et deux passes décisives en Arménie, André-Pierre Gignac a marqué des points en attaque, un an après sa dernière apparition en équipe de France.
Dimitri Payet, autre Marseillais transfiguré par l’arrivée de Marcelo Bielsa, a lui aussi su saisir sa chance et devrait revenir. Les autres postulants devront prendre leur mal en patience.
En ce qui concerne le onze de départ, les deux matches de référence face à l’Espagne et le Portugal ont aussi été l’occasion pour le sélectionneur de renouveler sa confiance à son ossature brésilienne, en dehors des forfaits sur blessure. Une logique de groupe implacable.

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