Rolland Courbis s’en est allé…
Posté le 12.01.2026 à 12h41Il aimait le football. Il aimait les joueurs. Il a aimé tous les clubs pour lesquels il a joués. Tous ceux qu’il a entraînés. Il a aimé le jeu, aussi. Il aimait la vie. Il aimait rire. Et faire rire. Il y avait deux « l » à Rolland parce que « mes parents voulaient, dès le départ, m’aider à voler… »
Rolland Courbis s’en est allé. À 72 ans. Le joueur, tout comme l’entraîneur emblématique, puis le consultant à la voix inimitable, a creusé son sillon dans le football français pendant plus de 50 ans. Parfois en haut de l’affiche, parfois à la une, symbolisant à lui seul l’évolution du football professionnel et ses rapports avec l’argent, jusqu’à commettre l’irréparable et se retrouver en prison.
Né à Marseille en 1953, son accent ne pouvait pas le cacher, il est forcément formé à l’OM et n’attend pas d’avoir la majorité – d’autant qu’elle était encore à 21 ans – pour frapper à la porte de l’équipe première, séchant l’école pour s’entraîner avec les stars de l’époque. Et quelles stars : Skoblar, Magnusson, Loubet, Bonnel, etc. Il lui faudra néanmoins attendre la fin de la saison 1971-1972 pour faire ses grands débuts avec les pros, ce qui lui permet d’accrocher un doublé à son palmarès, alors vierge.

Avec l’équipe de France juniors, comme on disait alors…
Peut-être a-t-il cru, alors, signer un long bail avec son club de coeur, mais quelques mois plus tard, en octobre, il fait partie des cinq joueurs que l’OM « sacrifie » pour obtenir de l’AC Ajaccio le transfert de Marius Trésor… Ce qui, par ricochets, alors que s’était pourtant terminée la période de transition de trois ans pour la mise en place définitive du contrat à durée librement déterminée obtenu en 1969, entraînera le « kidnapping » par l’UNFP du futur capitaine des Bleus, la grève de 1972 et la mise en place de la Charte du football professionnel, le 1er août 1973…
N’ayant pas pu éviter la relégation du club corse, Courbis n’est alors plus en France. À 20 ans, il a franchi les frontières – ce que peu de footballeurs français, si ce n’est de grandes stars, faisait alors… – pour se retrouver en Grèce, dans le déjà mythique club de l’Olympiakos. Grec, certes, mais Olympique, toujours.
Il n’y restera qu’une saison, ne jouera que quatre matches. Suffisant – c’était deux fois plus qu’avec l’OM pour son premier titre national ! – pour inscrire son nom au palmarès du championnat hellénique !
S’en suivirent trois saisons à Sochaux, qui lui ouvrirent les portes du groupe France sans toutefois obtenir une sélection. Il quitte Sochaux pour retrouver le Sud de la France et signe chez le promu monégasque qui, dès la première saison, devient champion de France en 1978. Quatre ans plus tard, toujours sur le rocher, il remporte son quatrième titre national, après avoir, sans pourtant disputer la finale, rafler une seconde coupe de France (1980).
À l’été 1982, né son amour pour le SC Toulon, où il mettra un terme à sa carrière de joueur et qui sera le premier des seize clubs qu’il entraînera, parfois à plusieurs reprises comme Bordeaux ou Montpellier, sans oublier son passage éclair sur le banc du Niger en 2012 . C’est dans le Sud, à Sète, qu’il rangera le costume de l’entraîneur en 2022, ayant depuis quelques années déjà endossé celui de consultant, devenant « coach Courbis » avec une gouaille à nulle autre pareille.
À sa famille, à son fils Stéphane, agent de joueurs, et à ses proches, l’UNFP présente ses plus sincères condoléances.