La FIFPRO obtient des réformes historiques pour la gouvernance du football, les transferts et la protection des joueurs
Posté le 10.06.2026 à 21h38La FIFPRO annonce aujourd’hui deux accords majeurs qui marquent ensemble un tournant dans la gouvernance du football professionnel l’échelle mondiale : une réforme d’ampleur du système international des transferts et un nouveau cadre de coopération (protocole d’accord) conclu avec la FIFA jusqu’en 2031.
Ces accords sont le fruit de longues négociations engagées à la suite de l’arrêt Diarra rendu par la Cour de justice de l’Union européenne en octobre 2024 — une décision déterminante soutenue par la FIFPRO, la FIFPRO Europe et l’UNFP — et s’appuient sur des années de combat mené par les joueurs et leurs syndicats en faveur d’une gouvernance du football plus juste, plus équilibrée et plus inclusive.
FIFPRO and @FIFAcom have signed a landmark agreement to usher in a new era of collaboration and player representation in global football governance.
— FIFPRO (@FIFPRO) June 10, 2026
Une nouvelle ère de dialogue social dans la gouvernance mondiale du football
Au cœur de l’accord conclu avec la FIFA figure une nouvelle plateforme mondiale de dialogue social, par laquelle les futures évolutions du Règlement de la FIFA sur le statut et le transfert des joueurs (RSTJ) seront négociées collectivement. Inspirée par près de deux décennies de dialogue social dans le football européen, cette plateforme réunit la FIFA et les partenaires sociaux reconnus du football, la FIFPRO y représentant les joueurs du monde entier.
Concrètement, les futures évolutions du système des transferts reposeront sur le consensus, et non plus sur des décisions unilatérales. Il s’agit de l’une des avancées les plus importantes jamais obtenues en matière de représentation des joueurs dans le football mondial. Les joueurs ne se contenteront plus de subir les règles qui régissent leur carrière : ils contribueront à les façonner.
De nouveaux droits et de nouvelles protections au sein du système des transferts
Élaborées au fil de discussions associant la FIFA, la FIFPRO, l’European Football Clubs (EFC), la World Leagues Association (WLA), l’UEFA et la CONMEBOL, ces réformes introduisent d’importants droits et protections nouveaux pour les joueurs, tout en préservant les fondements essentiels du système des transferts.
Pour la première fois, les joueurs bénéficieront d’une part reconnue dans la valeur économique générée par leur propre transfert. Les joueurs percevant moins de 150 000 euros par saison se voient garantir une part directe de l’indemnité de transfert liée à leur départ, avec un minimum obligatoire de 5 % versé directement par le club vendeur. Le principe est simple : lorsque le talent d’un joueur crée de la valeur, le joueur doit en bénéficier.
Les joueurs profiteront également de modifications attendues de longue date concernant l’article 17 du RSTJ — la disposition au cœur de l’affaire Diarra. Ils ne pourront plus voir l’indemnité qui leur est due réduite au simple motif qu’ils ont retrouvé un club après avoir été traités de manière injuste. Lorsqu’un club manque à ses obligations, les joueurs ont droit à l’intégralité de leur rémunération contractuelle, des sanctions supplémentaires étant prévues en cas de comportement abusif.
Les joueurs seront mieux protégés contre les pratiques abusives. Rétrograder un joueur, le contraindre à s’entraîner à l’écart pour faire pression sur lui, retenir son passeport ou détourner les procédures d’enregistrement sont désormais expressément interdits. Ces pratiques ont touché trop de joueurs pendant trop longtemps et n’ont pas leur place dans le football moderne.
Les joueurs bénéficieront en outre d’une meilleure application de leurs droits. Les clubs qui ne respectent pas leurs obligations contractuelles s’exposeront à des conséquences sportives et financières plus rapides et plus efficaces, tandis que les sommes versées en retard seront désormais assorties d’un taux d’intérêt de 8 %. Lorsqu’un club ne paie pas les salaires et que les instances nationales du football n’agissent pas, les joueurs disposeront d’un accès plus direct à la FIFA, afin de garantir l’exécution des décisions contraignantes où qu’ils évoluent.
Ces réformes apportent également davantage de sécurité, tant pour les joueurs que pour les clubs. Les clauses libératoires et les mécanismes de sortie convenus sont encouragés dès la signature du contrat, tout en veillant à ce que leur montant demeure raisonnable et proportionné, de sorte que la grande majorité des joueurs à travers le monde voient leur rémunération garantie comme un seuil minimal. Des éléments clés du système des transferts, parmi lesquels la période protégée et les mécanismes de responsabilité solidaire, sont précisés afin d’assurer une plus grande proportionnalité et une meilleure sécurité juridique.
Les jeunes joueurs ont eux aussi tout à y gagner. Les jeunes formés au club pourront signer un premier contrat professionnel d’une durée de cinq ans, gage de stabilité et de perspectives de développement accrues, tout en bénéficiant de garanties destinées à protéger leurs intérêts sportifs, éducatifs et économiques.
Dans le même temps, ces réformes préservent les fondements essentiels du système des transferts, en établissant un meilleur équilibre entre les droits des joueurs, la stabilité contractuelle et les intérêts à long terme du football.
Ces réformes s’enracinent également dans des principes développés au sein du Comité de dialogue social sectoriel européen pour le football professionnel. En particulier, la résolution commune adoptée en novembre 2025 par la FIFPRO Europe, l’UEFA, l’EFC et les Ligues européennes a contribué à ouvrir la voie au consensus mondial que reflète aujourd’hui le nouveau système des transferts.
Protéger la santé des joueurs et façonner le futur calendrier des matchs
La santé des joueurs, leur charge de travail et leur récupération comptent depuis des années parmi les préoccupations les plus importantes pour la FIFPRO.
Aux termes de l’accord conclu avec la FIFA, les joueurs et leurs représentants contribueront à définir les futures normes relatives aux périodes de repos, aux trêves estivales, aux fenêtres de récupération et au temps minimal entre deux matchs. Ces normes orienteront les décisions à venir concernant la charge de travail et le bien-être des joueuses et des joueurs, ainsi que les calendriers internationaux au-delà de 2030.
Pour la première fois, celles et ceux qui supportent le coût physique du calendrier auront directement voix au chapitre dans la définition des normes qui le régissent. Les discussions futures sur le calendrier international des matchs devront tenir compte de ces normes.
Donner aux joueurs une voix plus forte dans les décisions de la FIFA
Parallèlement aux réformes des transferts, la FIFPRO et la FIFA ont signé un protocole d’accord majeur courant jusqu’en 2031.
Cet accord renforce la place des joueurs au sein des structures de gouvernance de la FIFA. La FIFPRO disposera d’un siège d’observateur au Conseil de la FIFA, tandis que des experts désignés par la FIFPRO siégeront désormais au sein des organes juridictionnels et des commissions permanentes de la FIFA, et continueront de jouer un rôle central au sein du Tribunal du football de la FIFA.
Les joueurs bénéficieront ainsi d’une présence plus permanente et plus visible partout où se discutent les grandes décisions qui touchent le football. De la gouvernance à la réglementation, en passant par le règlement des litiges, la voix des joueurs se fera entendre avec davantage de constance aux plus hauts niveaux du football mondial.
Les joueuses méritent davantage, et obtiendront davantage
Le football féminin connaît une croissance rapide, et les joueuses doivent prendre part à cette réussite. La FIFA et la FIFPRO élaboreront des normes minimales mondiales pour les équipes nationales féminines, encourageront des solutions sur mesure à l’échelle continentale — en s’appuyant sur le modèle déjà mis en œuvre en Europe — et développeront des mécanismes permettant aux joueuses de bénéficier directement du succès des grandes compétitions internationales, à l’image de ce qui a été fait lors de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA 2023 et de l’UEFA Women’s EURO 2025.
Soutenir les joueurs et les syndicats du monde entier
Le Fonds de la FIFA pour les joueurs sera relancé, doté d’un budget dédié de 20 millions de dollars jusqu’en 2030, la FIFPRO siégeant à son comité de pilotage. Ce fonds constitue un filet de sécurité essentiel lorsque des clubs insolvables ou en faillite manquent à leurs obligations financières, en particulier dans les régions où les ruptures contractuelles demeurent fréquentes. Dans sa précédente forme, le fonds a apporté un soutien financier direct à plus d’un millier de joueurs à travers le monde.
Au-delà de l’échelle mondiale, la FIFA et la FIFPRO travailleront de concert pour renforcer le dialogue social au niveau national, en soutenant le développement de conventions collectives, de contrats types de joueurs, de chambres nationales de règlement des litiges et de systèmes de transferts nationaux modernisés. Ce partenariat contribuera également à répondre à certains des défis les plus pressants auxquels les joueurs sont confrontés en matière d’emploi dans différentes régions du monde.
L’objectif est simple : des syndicats plus forts, des protections renforcées pour les joueurs et une voix plus affirmée pour eux à tous les niveaux du football. Ce qui a été obtenu à l’échelle mondiale peut désormais nourrir les progrès à l’échelle nationale.
Enfin, la FIFPRO réaffirme son soutien de longue date au football des équipes nationales et à la règle de mise à disposition obligatoire des joueurs. Représenter son pays est l’un des plus grands honneurs du football. Les joueurs doivent toujours être libres de répondre à cet appel, et le football des sélections doit continuer d’occuper une place centrale dans le football mondial.
ils ont déclaré
Sergio Marchi, président de la FIFPRO Global, a déclaré : « Les réformes historiques adoptées aujourd’hui renforcent les droits des joueurs au sein du système des transferts, améliorent les conditions de travail et garantissent que celles et ceux qui font vivre le football aient davantage leur mot à dire dans la construction de son avenir. Je remercie le président de la FIFA, Gianni Infantino, ainsi que l’administration de la FIFA, pour leur engagement en faveur d’un dialogue tourné vers l’avenir. Aujourd’hui, nous tournons la page de plusieurs années de confrontation et ouvrons un nouveau chapitre de coopération, de responsabilité et d’ambition partagée pour l’avenir du football professionnel. »
Gianni Infantino, président de la FIFA, a déclaré : « Ce protocole d’accord ouvre une nouvelle ère dans la relation entre la FIFA et la FIFPRO. Les joueurs façonnent le football que nous aimons tous, et nous devons garantir leur protection et leur bien-être. C’est pourquoi nous avons créé ensemble une voie durable, afin que les décisions qui les concernent directement reposent sur un processus collectif ancré dans le dialogue social. C’est cela, la gouvernance moderne, et nous sommes fiers de montrer l’exemple. »

David Terrier, président de l’UNFP, de la FIFPRO Europe, et acteur clé des négociations pour la FIFPRO, a déclaré : « Cette journée marque un tournant pour les joueurs et pour la gouvernance mondiale du football. Je tiens à remercier le président de l’UEFA, Aleksander Čeferin, pour son soutien constant tout au long de ce processus. L’UEFA a véritablement contribué à réunir les conditions permettant à toutes les parties de trouver un terrain d’entente et d’avancer vers des solutions durables. Je tiens également à saluer l’engagement dont ont fait preuve la FIFA, l’EFC et la WLA. Parvenir à un accord sur des sujets d’une telle importance n’avait rien d’acquis. C’est notre effort collectif qui a rendu ce résultat possible. »
Mattias Grafström, secrétaire général de la FIFA, a déclaré : « Nous sommes très fiers d’annoncer ce protocole d’accord avec la FIFPRO à la veille de la Coupe du Monde de la FIFA 2026. Nous nous sommes fixé des objectifs ambitieux et sommes pleinement déterminés à mettre en œuvre cet accord conjointement avec nos partenaires de la FIFPRO. Ce nouveau partenariat démontre ce qu’il est possible d’accomplir lorsque chacun s’engage à trouver des solutions mutuellement acceptables. La création d’une plateforme mondiale de dialogue social constitue notamment une avancée remarquable, et nous avons hâte de la lancer avec la FIFPRO et les autres partenaires du dialogue social dans les meilleurs délais. »
Au regard des progrès accomplis, la FIFPRO retirera les plaintes qu’elle a engagées contre la FIFA et appelle ses syndicats membres à se désolidariser de l’action collective actuellement menée par la fondation néerlandaise « Justice for Players ».
A l’attention de chaque joueur.euse
Que vous évoluiez en Europe, en Afrique, en Asie, en Océanie ou sur le continent américain, ces réformes sont pour vous. Elles traduisent une conviction simple : chaque joueur, à chaque niveau, doit être respecté, protégé et entendu. Le football est mondial, mais les droits des joueurs ne devraient jamais dépendre de l’endroit où l’on joue. C’est ce que défendent la FIFPRO et ses syndicats membres, chaque jour.
Si vous avez des questions sur vos droits, votre contrat ou ce que ces changements impliquent pour vous, l’UNFP est là pour vous aider.
Partout où le football se joue, aucun joueur ne devrait rester seul.