Eugène N’jo Lea, vingt ans déjà…

Posté le 23.10.2026 à 10h42

Le 23 octobre 2006 s’éteignait à Douala Eugène N’Jo Léa, cofondateur de l’UNFP. Vingt ans plus tard, le syndicat des joueurs rend hommage à un pionnier dont les combats continuent de façonner le football professionnel.

Au début des années 1960, un footballeur professionnel n’était pas libre. Lié à son club jusqu’à 35 ans, il ne choisissait ni son employeur, ni son avenir. Beaucoup s’en accommodaient. Eugène N’Jo Léa, lui, refusait de s’y résigner.

Arrivé du Cameroun pour étudier le droit, il s’impose rapidement sur les terrains français. Attaquant élégant et prolifique, il marque 70 buts en 101 matches avec l’AS Saint-Étienne, avant de rejoindre l’Olympique Lyonnais puis le Racing Club de Paris. Mais son regard porte déjà au-delà du rectangle vert. Juriste dans l’âme, il voit ce que d’autres ne voient pas encore : seuls, les joueurs ne pèsent rien. Ensemble, ils peuvent tout changer.

C’est lui qui impulse le projet. Avec Just Fontaine, il trouve l’appui de l’avocat Jacques Bertrand. Le 16 novembre 1961, l’Union Nationale des Footballeurs Professionnels voit le jour. « Njo Léa avait une idée toutes les dix secondes », racontait Just Fontaine.

Ce combat n’était pas seulement celui de sa génération. C’était celui de toutes celles qui allaient suivre. La liberté de choisir son club, la protection sociale, la reconnaissance de l’homme derrière le joueur : chacune de ces conquêtes trouve son origine dans cette intuition d’un jeune attaquant camerounais.

Après sa carrière, Eugène N’Jo Léa a poursuivi sa route dans la diplomatie, convaincu que le sport pouvait contribuer au progrès des sociétés et au développement des peuples. Ceux qui l’ont connu se souviennent d’un esprit libre, d’un intellectuel brillant, d’un homme généreux et toujours en avance sur son temps.

Aujourd’hui, des milliers de joueurs et de joueuses sont accompagnés et défendus par l’UNFP. Chaque droit acquis, chaque joueur soutenu, chaque stage organisé l’été pour ceux qui sont sans club porte un peu de son héritage.

Vingt ans après sa disparition, nous pensons toujours à lui.

Son combat est devenu le nôtre, et nous en sommes les garants.

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