Ce qu’il faut retenir du Comité directeur…

Posté le 10.09.2025 à 14h36

Après une entrée en matière digne d’un plat de résistance avec l’intervention d’un Nicolas de Tavernost, le directeur général de LFP Media, d’abord très didactique puis résolument rassembleur en promoteur de la chaîne Ligue 1+, le Comité directeur de l’UNFP, le lundi 8 septembre, a déroulé un ordre du jour chargé où il a été question, sur fond d’une actualité riche, de la FIFA, de conventions collectives, de visites de club, de campagne d’adhésion et de projets innovants, déjà en marche (le Comité de solidarité) ou qui le seront bientôt comme le développement de la chaîne UNFP sur YouTube…

 

L’actualité, au lendemain d’un énième communiqué de presse du syndicat dénonçant les incohérences du calendrier international et ses retombées néfastes sur la santé physique et mentale des joueurs, a donné à David Terrier, président de l’UNFP et de la FIFPRO Europe, l’occasion de rappeler les différentes démarches entreprises tant au niveau national qu’international, y compris les dépôts de plainte contre la FIFA.

 

Diviser plutôt que dialoguer…

« L’avantage ici, confia-t-il après la réunion, c’est que les membres de notre Comité directeur savent que nous ne menons pas une croisade contre la FIFA mais un combat pour préserver l’intégrité physique et mentale des joueuses et des joueurs. C’est aussi pour que les droits des footballeuses et des footballeurs soient reconnus, notamment la libre circulation à l’intérieur de l’Union européenne, que nous avons dénoncé le système des transferts, soutenu Lassana Diarra, et restons dans l’attente d’une vraie réforme, alors qu’à travers les modifications qu’elle a apportées à son règlement à la suite de l’Arrêt Diarra, la fédération internationale a d’abord pensé à protéger ses arrières sans se préoccuper véritablement des clubs et des joueurs, ni de l’intérêt général.

David Terrier

 

« Nous n’avons pas vocation à aller devant les tribunaux, mais nous y sommes obligés à cause du refus de la FIFA de mettre en place un véritable dialogue social comme la Cour Européenne de justice l’y a pourtant invitée. Elle s’accroche à cette gouvernance, aux relents passéistes, féodaux, et semble aux abois. J’en veux pour preuve ses attaques répétées contre la FIFPRO, qu’elle cherche à déstabiliser par tous les moyens, comme lorsqu’elle a organisé, en juillet dernier à New York, une réunion avec… quatre unions nationales sur les quelque quatre-vingts affiliées au syndicat mondial. Elle semble ne pas avoir entendu le message d’unité que ces dernières lui ont envoyé quelques jours à peine après la mascarade new-yorkaise, puisqu’elle s’évertue encore à vouloir nous diviser. Pathétique !»

 

Adhésions, conventions, application…

Philippe Flucklinger

 

Au lendemain d’une saison record, avec 95% de membres parmi les professionnels évoluant en France, l’UNFP a lancé sa première campagne d’adhésion totalement dématérialisée, tous statuts confondus, et entend bien maintenir son rang : « Égaler, se rapprocher, ou penser dépasser notre taux record, a reconnu Philippe Flucklinger, le directeur du service des délégués régionaux, reste notre objectif, mais la partie n’est pas gagnée. En revanche, cette représentativité, que personne ne peut nous contester, nous nous devons de l’améliorer chez les féminines et nous avons bon espoir, grâce à l’action sur le terrain d’Élise Legrout et de Laurène Tresfield, de faire exploser les 67% d’adhésion de la saison passée, qui constituent notre record… »

Pour se faire, ces dernières, comme leurs cinq homologues masculins, battent la campagne depuis quelques semaines, pour des réunions dans les clubs auxquelles participent, à l’occasion, David Terrier et Fabien Safanjon, vice-président, portant le discours politique du syndicat.

S’agissant toujours des féminines, Fabien Safanjon a, une fois encore, fait le constat, amer, de l’attente des joueuses au regard d’une convention collective qu’elles appellent de leurs vœux. « Les points d’achoppement restent les mêmes, a détaillé le vice-président : l’interdiction des mises à l’écart ; la garantie d’un maintien de salaire de la part du club d’une durée de 90 jours pour chaque période d’arrêt de travail ; le temps partiel – qui représente un peu plus de 20% des contrats – avec la garantie d’un seuil horaire minimal de 21 heures (contre 17h30 proposé par les clubs).

Fabien Safanjon

 

« La signature de la convention collective permettrait la signature d’un accord avec la LFFP, afin de permettre aux joueuses de bénéficier d’une rémunération complémentaire issue des droits à l’image, via la création d’un fonds de reconversion. »

La saison qui vient de débuter sera-t-elle celle de l’aboutissement avec la mise en place d’une véritable convention collective, comme celle dont bénéficient les footballeurs depuis 1973…

« Et qui, depuis bien trop longtemps à notre goût, a renchérit David Terrier, n’a pas le moins du monde évolué. En cause, la fragilité économique des clubs, l’incertitude persistante sur les droits TV et l’absence de représentativité établie des employeurs lors des négociations sociales ! »

Tout au contraire, la Charte est attaquée comme avec son article 276 (la garantie d’un maintien de salaire de la part du club d’une durée de 90 jours pour chaque période d’arrêt de travail). Sans succès, néanmoins, la commission juridique et la Commission paritaire d’appel ayant confirmé, il y a quelques semaines, sa stricte application.

 

Un Comité, une télé…

Après avoir rappelé l’importance de la Fédération Nationale des Associations et Syndicats de Sportifs (Fnass), qui regroupe les représentants des basketteurs, des coureurs-es cyclistes, des footballeurs, des handballeurs, des rugbymen, des volleyeurs et des sportifs de haut-niveau qui parlent d’une même voix face aux instances, s’unissent pour la défense des droits des sportifs, comme pour la négociation de la Convention Collective Nationale du Sport et veillent à l’intégrité des compétitions, Paul Royer a dressé un premier bilan du Comité de solidarité qu’il anime depuis sa création en mars dernier. « Les membres, en totale indépendance, ont déjà statué sur 35 dossiers et en ont retenu 33 repartis comme suit selon les trois piliers définis : social (12), sociétal (12), formation (9). »

Paul Royer

 

Ces différentes aides, s’il en était besoin, donnent toute sa raison d’être au comité présidé par Robert Pirès. Les membres du Comité directeur ne s’y sont pas trompés, renouvelant pour la saison à venir l’enveloppe budgétaire allouée par l’UNFP à hauteur de 500 000 euros.

Une innovation peut en cacher une autre. Fort de son exceptionnelle présence sur les réseaux sociaux, symbolisée par les 20 millions de vues – tous supports confondus – lors du dernier rassemblement de l’UNFP FC, le syndicat français se lance dans une nouvelle aventure avec le développement sur YouTube de sa propre chaîne et un lancement prévu dès le mois d’octobre avec un contenu entièrement dédié aux joueuses et aux joueurs…

Mais que Nicolas de Tavernost se rassure, il ne s’agira pas ici d’un concurrent, mais d’un allié…

 

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