Dembélé, il suffisait de presque rien…
Posté le 22.09.2025 à 22h02La première défaite de la saison du Paris Saint-Germain sur la pelouse de l’Olympique de Marseille (1-0), ce même lundi, a, bien évidemment, dû donner quelques regrets à Ousmane Dembélé, blessé, comme à son président, Nasser al-Khelaïfi, qui avait choisi d’être présent à la 69e cérémonie du Ballon d’Or de France Football, caressant l’espoir de voir son attaquant soulever le Trophée tant désiré, mais aussi celui de voir élu, comme cela l’a été, le PSG, meilleur club de l’année après un quadruplé historique…
C’est des mains de Ronaldinho, un ancien Parisien, qu’Ousmane Dembélé a reçu le Ballon d’or promis. Une consécration pour le Parisien de 28 ans, après une saison pleine lors de laquelle son incroyable talent a pu pleinement s’exprimer au sein d’un collectif en état de grâce auquel l’international français, émouvant, en larmes, qui n’a rien oublié de ce qui lui a permis d’en arriver-là, a rendu hommage…

Nasser Al-Khelaifi
Et pourtant… Si avec l’aplomb de ceux qui savent, nombre de buccinateurs modernes, sonneurs de trompettes sur les plateaux, avaient fini par faire d’Ousmane Dembélé un joueur à ce point remarquable qu’il pouvait prétendre au Ballon d’or, ils furent si nombreux a longtemps déversé sur lui leur fiel qui est, il est vrai – et cela ne les excuse pas, bien au contraire – leur fonds de commerce.
Qu’importaient alors son art du dribble, sa capacité à user les défenses et le nombre de ses offrandes, le compte n’y était jamais : il fallait aussi qu’il soit buteur, à la réception donc de ses propres centres ou des passes décisives dont tant d’autres profitaient.
Ce Dembélé-là n’a pas disparu, la saison dernière, mais son positionnement a changé, son rôle a évolué. Ses responsabilités aussi. Ses prises de risque, longtemps réservées à ses dribbles, ont été associées au geste final pour libérer le buteur qui a toujours été en lui.
Il suffisait donc de presque rien ou de beaucoup – confiance ? Maturité ? Expérience ? Prise de conscience ? – pour que cet incroyable joueur – dont le carrière n’a pas toujours été un long fleuve tranquille, marquée par de nombreuses blessures – le soit un peu plus encore et qu’il devienne, en ce 22 septembre 2025, le sixième Français à inscrire son nom au Ballon d’Or de France Football…
Le sixième Français, mais c’est le huitième trophée remporté par un joueur de chez nous, Michel Platini l’ayant soulevé à trois reprises et aurait même dû le gagner quatre fois, dit-on, si la logique avait été respectée et si le vote du juré français ne l’avait pas sanctionné sans raison aucune en 1977. Qu’importe.
Ousmane Dembélé, le sixième Français, mais le second, seulement, à l’emporter sous les couleurs d’un club de Ligue 1 après Jean-Pierre Papin en 1991 (O. Marseille).
Le sixième Français et le troisième depuis 1995, lorsque la récompense, décernée pour la première fois en 1956 à un certain Stanley Matthews, attaquant du Blackpool FC qui évolua en Premier League la cinquantaine passée, n’a plus uniquement été réservée aux Européens.

La moisson promise au Paris Saint-Germain a été celle attendue. Au Ballon d’Or décerné à l’enfant d’Évreux, aux quatre autres joueurs de la capitale classés dans les dix premiers (Vitinha, Donnarumma, Hakimi, Mendes), à la consécration d’un club dont la saison 2024-2025 aura été exceptionnelle, est venue s’ajouter, en toute logique, la consécration de Luis Enrique, meilleur entraîneur de l’année, celle, tout aussi juste, de Gianluigi Donnarumma (aujourd’hui à Manchester City), alors que le coach parisien a sans le moindre doute versé quelques larmes en apprenant que la Fondation Xana, qu’il a créée avec sa famille en mars 2024 en mémoire de sa fille trop tôt disparue pour aider les familles qui subissent les conséquences de la maladie d’un fils ou d’une fille, s’est vue décerner le Prix Socrates, du nom de l’immense joueur brésilien, porteur des vraies valeurs du football.

Gianluigi Donnarumma
Les autres Français vainqueurs du Ballon d’Or France-Football
2022 : Karim Benzema (Real Madrid)
1998 : Zinedine Zidane (Juventus Turin)
1991 : Jean-Pierre Papin (O. Marseille)
1985, 1984, 1983 : Michel Platini (Juventus Turin)
1958 : Raymond Kopa (Real Madrid)